
Cinq mois après son élection de mars dernier à La Courneuve, le maire Aly Diouara perçoit toujours son indemnité de député LFI de la 5e circonscription de Seine-Saint-Denis. Un recours électoral déposé par l’un de ses proches gèle l’application de la loi sur le non-cumul des mandats, entretenant le trouble.
Cinq mois après son élection, il continue de toucher son indemnité d’élu parlementaire. Comme le rappelle Le Canard Enchaîné, le nouveau premier édile de La Courneuve, Aly Diouara, est officiellement toujours élu au Palais-Bourbon, en dépit de la loi sur le non-cumul des mandats. La raison ? Le 17 avril dernier, Nabil Touchna, un proche de l’élu qui avait “liké” plusieurs publications du candidat lors de la campagne, a déposé un recours contre l’élection du nouveau maire le 27 mars dernier.
D’après Le Parisien, cet homme remet en cause le rôle joué par l’association “La Seine-Saint-Denis au cœur” fondée par Aly Diouara et dénonce des éléments “laissant penser très clairement au financement illégal d’une campagne électorale ainsi que du détournement, à des fins électorales, de ressources financières, humaines et administratives de ladite association”. Il fait référence à l’utilisation du logo de “La Seine-Saint-Denis au cœur” sur les documents de propagande du candidat.
7 600 euros d’indemnité en tant que député
Au moment de l’article de nos confrères du Parisien, certaines sources locales s’interrogeaient sur ce recours, pensant qu’il pourrait s’agir d’un proche de l’élu. Ce qui est bien finalement le cas. Mais pourquoi effectuer une telle initiative ? En 2024, ces usages avaient déjà été pointés du doigt par la Commission nationale des comptes de campagne après l’élection d’Aly Diaoura à l’Assemblée. Le Conseil constitutionnel avait finalement validé les comptes de campagne du député.
“On dirait qu’il y a eu un copier-coller de la procédure de 2024. La rumeur dit que ce pourrait être un proche d’Aly Diouara qui a fait ça, sachant très bien que le recours serait débouté”, confiaient plusieurs sources. D’autant plus que ce genre de recours peut durer longtemps, qui plus est s’il y a appel derrière.
L’élu insoumis cumule donc une partie de ses deux indemnités dans la limite d’une fois et demie celle du parlement, soit 7 600 euros bruts mensuels selon Le Canard Enchaîné. Le trentenaire se défendait et expliquait avoir mis en “stand-by (son) indemnité de maire et opté pour le versement unique de (son) indemnité parlementaire”. Une affaire qui éclabousse un peu plus La France Insoumise, après celle visant Bally Bakayogo et un supposé emploi fictif à la RATP.
