“Je continuerai, pied à pied, à défendre La Grand-Combe, les Cévennes et le Gard…” : Patrick Malavieille a reçu les insignes de chevalier de la Légion d’honneur


Entouré de sa famille, de ses amis et de nombreux élus, Patrick Malavieille a reçu, ce jeudi 2 juillet, les insignes de chevalier de la Légion d’honneur à la Maison du Mineur. Une distinction qu’il a dédiée à son territoire et à celles et ceux qui ont accompagné son parcours.

L’émotion flottait dans l’air, jeudi soir, à la Maison du mineur de La Grand-Combe. À quelques pas du chevalement du puits Ricard, symbole de l’histoire ouvrière cévenole, Patrick Malavieille a reçu des mains du préfet du Gard, Jérôme Bonet, les insignes de chevalier de la Légion d’honneur, devant une assistance où se côtoyaient élus, amis de toujours, militants, habitants et anciens compagnons de route. Une cérémonie à l’image de l’homme : chaleureuse, populaire et profondément ancrée dans son territoire.

Une ville rassemblée autour de l’un des siens

En ouvrant la soirée, la maire de La Grand-Combe, Pascale Eugène, a salué “un homme d’exception” au parcours “extraordinaire et exemplaire”, rappelant l’attachement indéfectible de Patrick Malavieille à sa commune et à ses habitants. Avant la remise officielle, René Doussière, président des Amis du musée du mineur, a donné le ton avec humour et poésie. Dans un texte écrit pour l’occasion, il a évoqué celui qui, “par monts et par vaux”, n’a jamais cessé de défendre les causes qui lui tenaient à cœur, des luttes sociales aux services publics, jusqu’à devenir “un bien fier chevalier de la Légion d’honneur”.

À 63 ans, Patrick Malavieille reste, pour beaucoup, l’enfant de Trescol. Marqué très jeune par la disparition de ses parents, il a grandi dans la solidarité des quartiers populaires de La Grand-Combe, une valeur qui guidera toute sa vie publique. Conseiller général à seulement 26 ans, maire, député du Gard de 1997 à 2002, conseiller régional, président de communauté de communes et responsable de nombreuses institutions culturelles, il a multiplié les responsabilités sans jamais quitter des yeux les Cévennes.

Pour Françoise Laurent-Perrigot, présidente du conseil départemental du Gard, cette distinction récompense un engagement rare. “Toujours à l’écoute, avec empathie et considération, l’humain d’abord.” Elle a également salué “un militant du bonheur, un serviteur de l’humanité”, capable de rassembler bien au-delà des clivages politiques.

La maire Pascale Eugène a rendu hommage à "un homme d’exception" profondément attaché à sa ville et à ses habitants.
La maire Pascale Eugène a rendu hommage à “un homme d’exception” profondément attaché à sa ville et à ses habitants.
Midi Libre – Alexandre Maniez

Retenu à Lille par le congrès national du Parti communiste français, Fabien Roussel avait tenu à adresser un message lu par Patrick Beauducot, secrétaire de la section grand-combienne du parti. Le secrétaire national du PCF y voit “une juste et belle reconnaissance” pour un homme dont l’engagement constant en faveur de “la justice sociale, de la démocratie et des territoires” a marqué plusieurs générations de militants et d’élus.

L’hommage de l’État

Moment central de la cérémonie, l’intervention du préfet Jérôme Bonet a retracé plus de quarante années d’engagement public. Le représentant de l’État a rappelé les nombreuses réalisations portées par l’ancien maire : la construction de la gendarmerie, de la médiathèque, du centre de loisirs ou encore la transformation du cœur de ville. Il a également souligné son action en faveur de l’éducation, de la culture, de la santé et du patrimoine, qui lui avait déjà valu les Palmes académiques et les Arts et Lettres.

“J’ai toujours rencontré un homme au socle de valeurs solides, profondément attaché au respect de chacun, quelle que soit sa condition, ses opinions ou ses choix”, a déclaré Jérôme Bonet, avant de lui remettre officiellement les insignes de chevalier de la Légion d’honneur.

Très ému, Patrick Malavieille a choisi de partager cet honneur avec son territoire et ceux qui ont façonné son existence. “Si je suis là aujourd’hui, ce n’est pas le parcours d’un homme qui est reconnu, mais celui d’un territoire et de toutes les rencontres qui ont jalonné ma vie”, a-t-il affirmé. Dans un long discours ponctué de références littéraires et philosophiques, l’ancien député a rendu hommage aux gueules noires qui ont forgé l’identité de La Grand-Combe, à ses parents disparus trop tôt, à ses amis d’enfance et à celles et ceux qui l’ont accompagné tout au long de son parcours.

Il a également réaffirmé son attachement à la solidarité, à la culture, à l’éducation et à l’accueil des populations victimes des guerres, rappelant l’accueil de familles venues du Kosovo, de Syrie ou d’Ukraine. “J’ai toujours considéré mes responsabilités d’élu comme un devoir, plus qu’un privilège”, a-t-il insisté, avant de défendre une vision de la politique “guidée par l’intérêt général” et “fermant la porte aux populistes de tout poil”.

Une fidélité intacte aux Cévennes

Au moment de conclure, Patrick Malavieille a retrouvé l’autodérision qui le caractérise. “Un Cévenol, fier de ses racines, qui certes a perdu ses cheveux — cela a été rappelé —, mais qui a gardé ses convictions. C’est vrai que si j’avais pu garder mes convictions et mes cheveux…” Puis il a promis de poursuivre son engagement. “Je continuerai, pied à pied, à défendre La Grand-Combe, les Cévennes et le Gard.”

Enfin, dans une salle suspendue à ses mots, il a livré l’image qui restera sans doute de cette soirée : “Mesdames et Messieurs, cette fleur rouge, désormais plantée au revers de ma veste, est le fruit du travail des jardiniers de ma vie. Merci à toutes celles et ceux qui ont cultivé mon jardin. Cet honneur, ce soir, c’est le vôtre autant que le mien.” Un dernier mot, lancé comme un héritage autant qu’un engagement, a refermé la cérémonie : fraternité.



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