“C’est la fête aux associations ? Vraiment ?” : un tract s’invite au forum des associations de Bagnols-sur-Cèze pour dénoncer les mesures prises par la municipalité RN



Lors du forum des associations à Bagnols-sur-Cèze, samedi 5 septembre, un collectif du nom de Clef a distribué un tract dénonçant les coupes budgétaires et la suppression de locaux pour certaines associations par la nouvelle municipalité RN.

Accompagnée de ses deux enfants et de sa nièce, Morgane arpente les allées du Forum des associations à la recherche de l’activité qui pourrait plaire à chacun. “Plutôt du sport, souffle cette mère de famille, mais avec tout ce qui existe à Bagnols, ça semble difficile de ne pas leur trouver quelque chose”. Il y avait en effet l’embarras du choix samedi 5 septembre au complexe des Eyrieux avec 85 associations représentées : rugby, danse, théâtre, philatélie, modélisme, solidarité, judo…

Un rendez-vous attendu par les clubs à chaque rentrée scolaire pour attirer de nouveaux adhérents et pour faire connaître leurs actions. Mais cette année, en plus des dépliants décrivant leurs différentes activités, certaines associations avaient déposé sur leur stand un autre tract. Plus politique celui-là. Signé du Clef, pour Collectif liberté égalité fraternité, il interroge “C’est la fête aux associations ? Vraiment ?”.

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“L’an prochain, il y aura des associations qui ne seront plus là

Récemment créé, ce collectif déplore “les mesures” prises par la nouvelle municipalité RN, en ce qui concerne les associations de la ville. “Certaines ont leur financement totalement supprimé. La mairie retire leurs locaux à d’autres”, est-il ainsi écrit dans le document. Quelques membres du collectif – qui ont souhaité rester anonymes – ont décidé de tracter à quelques pas du complexe des Eyrieux samedi. “Le forum des associations est un moment opportun pour faire passer l’information aux Bagnolais sur ce qu’il se passe, indique l’un d’entre eux, pour leur dire que l’an prochain et dans deux ans, il y aura des associations qui ne seront plus là. On veut montrer que les associations ont un rôle majeur dans la vie de la société, dans le vivre-ensemble”.

Parmi les associations concernées, la Maison des alternatives solidaires (Mas) qui devrait quitter prochainement ses locaux ou encore Femmes du Monde. “Nous avons zéro subvention cette année, alors qu’on ne demande pas grand-chose, lance sa présidente Marie Heckenroth. On est révoltés, c’est un manque de reconnaissance pour ce qu’on fait”. Elle s’inquiète également de l’impact que cela pourrait avoir sur l’organisation de leur festival, organisé autour du 8-mars. “On est la seule association à Bagnols à faire quelque chose autour de la Journée des droits des femmes. Si on arrête, il n’y aura plus rien, ce serait dramatique”, lâche-t-elle.

“Je suis très remontée”

Juste en face, le Cadref (Comité d’animation, de réflexion et de formation) a appris qu’il devait rendre les clés des locaux (à la Maison des associations et à la salle Laure-Pailhon) où il proposait ses activités. “Je suis très remontée, il a fallu trouver une solution de repli car on l’a appris le 27 août”, avance la représentante de l’antenne bagnolaise, Nelly Debaecker. Elle a d’ailleurs barré la localisation de Bagnols sur ses brochures car l’activité se déplace désormais à Saint-Nazaire et Saint-Gervais – où l’association était déjà présente. Une décision que Nelly Debaecker assure ne pas comprendre : “On n’est pas politisés, on ne s’attaque à aucune idée politique”.

D’autres associations, qui n’ont pas eu à souffrir de suppression de subventions, ont aussi fait le choix de mettre en avant le petit flyer. En signe de “solidarité“, assurent par exemple les antennes bagnolaises d’Amnesty International ou de Générations futures. “C’est un peu inquiétant ce qu’il se passe, indique Michel Tachon, responsable de cette dernière. Cela dit quelque chose de la considération de la mairie envers le milieu associatif”.

“Un épiphénomène” selon la maire

Interrogée sur le flyer distribué devant le Forum des associations, où elle s’est rendue en fin de matinée pour rencontrer les bénévoles, la maire Pascale Bordes a estimé que “c’est un épiphénomène. Dans les stands, j’ai un accueil chaleureux. Les associations ne m’ont pas sauté à la gorge pour me dire “Vous me coupez les financements”. Il faut faire confiance à la population”. Et l’édile, qui avait évoqué “un état critique des finances de la Ville” au moment de la suppression de la subvention à Mosaïque en Cèze en juin dernier, d’inviter tous ceux qui le souhaitent à une prochaine réunion publique dédiée à l’audit financier réalisé sur la ville. “C’est pire que ce j’avais imaginé”, indique-t-elle. Pas sûr que cela suffise à convaincre les membres de ce nouveau collectif. 



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