Élection présidentielle : le Medef accueille Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon et Edouard Philippe pour un débat inédit



Ce jeudi matin, sur le court central de Roland-Garros, le Medef accueille les candidats déclarés à l’élection présidentielle

Qui dans les rôles de Nadal et de Djokovic ? Marine Le Pen, Édouard Philippe ou Jean-Luc Mélenchon ? Ce jeudi matin, sur le court central de Roland-Garros, le Medef recevra tous les candidats déclarés à l’élection présidentielle.

Bruno Retailleau, Gabriel Attal, Raphaël Glucksmann, Marine Tondelier et donc Marine Le Pen, Édouard Philippe et Jean-Luc Mélenchon répondront aux questions des chefs d’entreprise dans le cadre de la rencontre des entrepreneurs de France (REF) que le syndicat organise tous les ans. Ce sera le premier grand débat de l’élection présidentielle.

Être pragmatique et s’adapter aux circonstances

Si la présence du RN n’est pas une nouveauté – Jordan Bardella était venu débattre en 2025 – celle de LFI est inédite.

Le président du Medef Patrick Martin a souligné mercredi dans une interview accordée au Parisien que les chefs d’entreprise seront prêts à travailler avec le Rassemblement national (RN) ou la France insoumise (LFI), en cas de victoire de leurs candidats à la présidentielle. “Nous sommes républicains et nous travaillerons avec ceux que les Français auront portés aux responsabilités, que cela nous plaise ou non”, a indiqué le président du syndicat patronal.

“On n’a pas d’autre choix que d’être pragmatiques et de nous adapter aux circonstances”, a-t-il ajouté. Donc acte. LFI, de son côté et contrairement à son habitude, ne s’est pas fait prier. Campagne présidentielle oblige, le parti de Jean-Luc Mélenchon doit démontrer qu’en cas d’accession au pouvoir il saura discuter avec tous les secteurs de l’économie française.

Sortir du libre-échange

Mais si cet événement revêt une telle importance ça n’est pas uniquement par le profil de ses invités mais aussi parce que l’économie va prendre une part inhabituelle dans la campagne présidentielle. Jusqu’alors les présidentiables partageaient peu ou prou la même vision, certains plus libéraux, d’autres plus dirigistes… Mais globalement ceux qui étaient donnés gagnants dans les sondages étaient des candidats pro-européens et favorables à l’économie de marché.

Or en cette rentrée 2026, le tiercé de tête compte deux candidats qui ne partagent pas la vision de l’économie qui prévaut en France depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Jean-Luc Mélenchon veut sortir du libre-échange et du capitalisme pour mettre en place une économie planifiée. C’est ce qu’il expliquait lors d’un discours prononcé en avril à l’occasion du lancement de la fondation européenne Pour Le Peuple au cours duquel il parlait aussi de “la nécessité du collectivisme”. De plus, LFI souhaite sortir des traités européens.

Les patrons sont inquiets

Sortir des traités, c’est aussi ce qui a longtemps été la ligne du Rassemblement national. Le RN a même défendu l’idée d’un Frexit, c’est-à-dire un Brexit à la française. Mais constatant l’impopularité de cette mesure, Marine Le Pen l’a récemment mise en sourdine tout en restant fortement opposée aux traités de libre-échange.

L’idée de privilégier les entreprises françaises ou de limiter fortement l’immigration inquiète aussi les patrons qui vont avoir à cœur, durant toute la campagne, de pointer du doigt les dangers du programme du RN comme celui de LFI. Mais les chefs d’entreprise sont par nature et par nécessité prévoyants. Tout en tentant de faire obstacle à l’arrivée des deux extrêmes au pouvoir, ils s’y préparent.

C’est le cas de tous ceux qui dépendent des commandes de l’État. Ainsi le patron d’Airbus a-t-il rencontré Jordan Bardella le 8 janvier dernier. La peur n’évite en effet pas le danger. La rencontre, ce 27 août, a donc aussi vocation à préparer l’avenir.



Source link

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *