
Réunis ce mercredi 18 juin à Arles, élus, agriculteurs et défenseurs de l’environnement ont affiché leur opposition au tracé actuel de la future ligne à très haute tension entre le Gard et Fos-sur-Mer. Une mobilisation symbolique destinée à interpeller l’État et à réclamer l’étude d’une alternative enterrée.
L’image se voulait forte. Devant les objectifs des photographes et des caméras, des élus de tous horizons politiques se sont réunis ce mercredi 18 juin à Arles pour lancer un “appel du 18 juin” contre le projet de ligne à très haute tension porté par RTE entre le Gard et Fos-sur-Mer.
À l’initiative de cette mobilisation, les opposants au tracé actuel entendent démontrer l’unité du territoire face à un projet qu’ils jugent incompatible avec les enjeux agricoles, touristiques et environnementaux de la Camargue, de la Crau et de la Terre d’Argence.
Dans leur appel, les organisateurs rappellent que quinze associations de protection de la nature et de l’environnement ainsi que douze syndicats et organisations agricoles ont déjà pris position contre la ligne aérienne telle qu’elle est envisagée aujourd’hui.
« Tous bords confondus »
Les élus étaient invités à participer à une photo de famille symbolique afin d’exprimer une position commune. Objectif : soutenir l’alternative d’une ligne enterrée, une solution qui, selon les opposants, a été jugée techniquement réalisable par une expertise indépendante menée par CentraleSupélec dans le cadre du débat public organisé par la Commission nationale du débat public (CNDP).
“Au-delà des convictions personnelles, les élus représentent leurs administrés et incarnent les principes démocratiques de notre pays”, soulignent les organisateurs dans leur invitation.
Une démarche qui se veut à la fois politique et citoyenne. Les participants affirment ne pas remettre en cause la nécessité de renforcer les infrastructures énergétiques du territoire ni les objectifs de réindustrialisation et de transition écologique. Ils contestent en revanche le choix du tracé actuellement retenu et dénoncent ce qu’ils considèrent comme un passage en force.
Un message adressé à l’État
À travers cette mobilisation, les élus espèrent peser dans le débat alors que la procédure administrative se poursuit. La photographie réalisée ce 18 juin doit être transmise au gouvernement et largement diffusée dans l’opinion publique.
Pour les organisateurs, cette image est celle “d’une démocratie bien vivante” et d’un territoire qui réclame d’être davantage associé aux décisions qui le concernent.
Alors que le projet est présenté comme stratégique pour l’alimentation électrique du bassin industrialo-portuaire de Fos-sur-Mer, les opposants demandent à l’État de rouvrir la discussion sur les alternatives possibles et de privilégier des solutions permettant de concilier développement économique, souveraineté énergétique et préservation d’un territoire considéré comme l’un des plus remarquables de France.
