
Serge Zaka animera, vendredi 11 septembre, une conférence sur l’eau au Pin, un village du Gard rhodanien où l’équipe municipale met en place depuis 2014 de nombreuses initiatives en faveur de la biodiversité. À l’instar d’un atlas de la biodiversité qui devrait essaimer dans d’autres communes du Gard rhodanien.
À l’occasion de la venue de l’agroclimatologue Serge Zaka au Pin pour une conférence sur le thème de l’eau, vendredi 11 septembre, le maire Patrick Palisse revient sur les projets menés en faveur de la biodiversité depuis son élection de 2014. Il évoque notamment le projet d’atlas communal – dont l’avancement sera aussi présenté vendredi 11 septembre – qui doit essaimer à l’échelle de l’agglomération du Gard rhodanien.
Pourquoi cette soirée au Pin consacrée à la biodiversité avec la venue de Serge Zaka ?
C’est la suite naturelle d’actions qu’on mène depuis 2014 avec, tout d’abord, la coupure de l’éclairage public. C’était pour la biodiversité qu’on le faisait, et pas pour l’économie à cette époque. Puis en 2020, on a mis cette politique environnementale dans notre profession de foi. Pendant cette deuxième mandature, on a construit un projet rural pour essayer de cibler la nature et la biodiversité. On a pris des services civiques et associé tous les acteurs, c’est-à-dire les associations, les agriculteurs, les enfants de l’école. On en a engagé plusieurs actions : plantation de haies, recensement des oiseaux du territoire, remise en état de terres qui étaient en train de s’enfricher… Là, on travaille aussi sur un projet de pastoralisme.
Et vous avez lancé l’Atlas de la biodiversité communale dont vous allez aussi parler vendredi. Qu’est-ce que c’est ?
C’est une démarche normée et financée, dans notre cas à 80 %, par l’État au travers de l’Office français de la biodiversité (OFB). Il répond à quatre objectifs : faire un inventaire ciblé de la faune et de la flore du village en ciblant certaines espèces comme la chauve-souris, la pie-grièche, les amphibiens… ; associer les populations pour lui faire comprendre les enjeux de la biodiversité ; ancrer dans l’avenir ce qui a été collecté. La synthèse de données va servir à l’établissement de documents politiques comme le PLU pour protéger certaines zones. C’est un outil de gestion du territoire. Et enfin le quatrième objectif est d’intéresser les autres communes.
“Le but est de faire essaimer la démarche”
Et comment s’y prendre justement ?
On a déposé un dossier avec l’agglo (il en est le vice-président en charge de la transition écologique et énergétique, Ndlr). On attend une validation de l’OFB d’ici la fin de l’année pour savoir s’ils subventionneront cet atlas intercommunal qui représente un coût de 300 000 à 400 000 €. Ensuite, on choisira les secteurs plus sensibles vis-à-vis de la biodiversité. Il faudra que les communes soient volontaires.
Certaines s’y prêtent-elles plus que d’autres ?
Des animaux, il y en a partout. Le Gard rhodanien est quand même rural : sur les 44 communes, il y en a plus qui ressemblent au Pin qu’à Bagnols… Tous les territoires s’y prêtent donc complètement.
Mais aujourd’hui peu de communes prennent en compte cette question de la biodiversité dans leur gestion.
Le but est de faire essaimer la démarche est que toutes les communes intègrent les enjeux avant d’intégrer les contraintes. C’est vrai qu’aujourd’hui la biodiversité, ça ne rapporte rien. Mais il y a beaucoup plus compliqué à intégrer dans un PLU comme, par exemple, la question du ruissellement des eaux.
“Dans les secteurs où on a construit des garennes, on a vu que les animaux revenaient”
Quels sont les effets concrets des actions que vous menez depuis 2014 sur la biodiversité ?
On a fait notamment du repeuplement de lapins en construisant de grandes garennes artificielles. Dans les secteurs où on l’a fait, on a vu que les animaux revenaient. Comme les lapins sont à la base de la chaîne écologique, qu’ils sont des proies, des mammifères, comme le renard, et des rapaces sont revenus.
Serge Zaka va venir parler ressource en eau : une problématique que rencontre le village ?
Bien sûr, la sécheresse, on l’a subie même si on n’a pas la difficulté de l’eau potable comme Cavillargues ou Saint-Marcel-de-Careiret. On a construit une vingtaine d’abreuvoirs dans la nature pour les animaux sauvages. On subit aussi quand on regarde nos bois, avec des périodes de sécheresse intense qui, tous les deux ou trois ans, mettent des espèces en danger notamment des arbres. C’est une problématique qui intéresse bien au-delà de la commune et c’est pour cela qu’elle a été choisie.
