“Quand l’extrême droite s’en prend aux locaux syndicaux et associatifs de la ville” : la CGT riposte face à la décision de la mairie RN de Bagnols-sur-Cèze



La municipalité RN de Bagnols-sur-Cèze a décidé de mettre fin à la mise à disposition des locaux du centre socioculturel Mendès-France, qui abrite associations et syndicats. L’union locale de la CGT dénonce l’absence de projet concret pour ces locaux et a convoqué une assemblée générale le 10 septembre pour évoquer une possible mobilisation.

Sur l’avenue de la Mayre, à Bagnols-sur-Cèze, le centre socioculturel Mendès-France abrite le siège de plusieurs associations, à l’instar de Dés’mantes, du comité de jumelage, du ski club ou encore de l’Aren (pour les retraités de l’énergie nucléaire). La bâtisse héberge également quatre syndicats, à savoir les antennes locales de la CFDT, de la CFTC, de FO et de la CGT. Mais, au début de l’été, la majorité d’entre eux a reçu un courrier de la nouvelle municipalité RN les informant de sa décision de mettre fin à la mise à disposition de ces locaux. L’échéance était alors fixée au 30 novembre pour quitter les lieux.

“Aucun projet suffisamment construit pour justifier cette décision”

Ce qu’a dénoncé l’union locale CGT du Gard rhodanien dans un communiqué transmis après la tenue d’une réunion en mairie sur le sujet le 3 septembre dernier. “La décision de nous faire partir a été prise bien avant de savoir ce que la municipalité allait faire de ces locaux”, déplore le syndicat. Ce dernier fait savoir que lors de cette rencontre la Ville aurait expliqué vouloir “récupérer” des locaux municipaux et “les vendre pour certains, les rénover pour d’autres afin d’y installer des services municipaux”.

Mais, pour la CGT, aucun projet n’aurait été véritablement défini à l’heure actuelle pour le centre Mendès-France. “Pas de services précisément désignés pour venir s’y installer. Pas de travaux programmés. Pas de budget. Pas de financement. Pas de calendrier. Pas de sujet soumis au conseil municipal”, énumère l’organisation syndicale qui demande “quelques semaines de rab”.

“Nous demandons pourquoi il faudrait vider Mendès-France des associations et organisations syndicales qui constituent une part importante du filet social à Bagnols et dans le Gard rhodanien alors qu’il n’existe aujourd’hui aucun projet suffisamment construit pour justifier cette décision”, est-il ainsi indiqué sur le document.

La CGT réagit à l’expulsion de militants du marché pour avoir tracté sans autorisation

Dans un autre communiqué, l’union locale CGT du Gard rhodanien a souhaité réagir suite “aux difficultés rencontrées ces dernières semaines par des personnes distribuant des tracts sur le marché de Bagnols-sur-Cèze”. Début août, Place publique avait en effet dénoncé “une entrave à la liberté d’expression” après que deux de ses militants avaient été expulsés du marché pour avoir tracté sans autorisation. “Derrière ces incidents, c’est une liberté fondamentale qui est en jeu : celle de pouvoir aller à la rencontre de la population et diffuser librement ses idées sur la voie publique”, avance l’organisation syndicale tout en arguant que “la liberté d’expression ne se demande pas en mairie. Elle s’exerce dans la rue”.

Une assemblée générale le 10 septembre

Dans ce sens, la commission exécutive de l’union locale a décidé de convoquer, jeudi 10 septembre à 17 h 30, dans ses locaux de Mendès-France, une assemblée générale des militants et syndiqués de l’union locale pour y décider de la mobilisation et des initiatives à engager pour “défendre notre présence syndicale”. “Priver les organisations syndicales de leurs locaux, ce n’est donc jamais anodin”, indique la CGT dans un courrier adressé aux militants, avant de conclure : “Et quand une municipalité aux couleurs de l’extrême droite s’en prend, quelques mois après son arrivée, aux locaux syndicaux et associatifs de la ville, nous ne pouvons pas regarder ailleurs en attendant de savoir qui sera le prochain”.

Il aurait été demandé lors de la réunion en mairie de revoir l’échéance du 30 novembre ce à quoi la maire aurait répondu qu’elle en rediscuterait avec sa majorité. Cette dernière, interrogée sur la décision de demander aux occupants du centre Mendès-France de quitter les lieux, a martelé : “On n’a pas l’obligation de les héberger éternellement. Il suffit de regarder les finances de la ville”. La première magistrate a fait savoir que le centre Mendès-France pourrait accueillir à terme des services de la mairie, en évoquant le mauvais état actuel de certains d’entre eux. “Il faut qu’on prenne possession des locaux pour que toutes les études puissent être faites. Sauf que s’ils ne partent pas, on ne va pouvoir engager et rechercher des financements pour ce projet-là”, a-t-elle indiqué.



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