
Marine Le Pen a tenté d’afficher son unité avec Jordan Bardella le 13 septembre à Hénin-Beaumont, lors d’une rentrée politique marquée par des tensions internes au Rassemblement national.
Tensions autour de la question du port du voile, prises de position contradictoires sur l’âge de départ à la retraite… Ce début de campagne présidentielle sonne-t-il officiellement la fin de la lune de miel pour le couple Le Pen-Bardella ? Depuis que la cheffe de file du RN a appris qu’elle était éligible et a repris sa course à l’Élysée, le 7 juillet dernier, la relation entre les deux visages du parti à la flamme serait turbulente.
Des rumeurs que le tandem tente non sans mal d’éteindre, alors que les élections approchent à grands pas. Dimanche 13 septembre, la candidate du RN a ainsi profité de sa rentrée politique dans son fief d’Hénin-Beaumont pour afficher l’unité avec son numéro 2, qui fêtait ce même jour ses 31 ans.
La députée du Pas-de-Calais s’est emparée de son compte X pour adresser un message à son protégé : “Très joyeux anniversaire Jordan !“, a-t-elle écrit. Le message, ponctué par un drapeau français, s’accompagne d’un cliché où la quinquagénaire étreint le président du RN et lui colle un baiser sur la joue.
Très joyeux anniversaire Jordan ! ?? https://t.co/HVRbOVSTfl
— Marine Le Pen (@MLP_officiel) September 13, 2026
Remettre au centre la ligne lepéniste
Serait-ce suffisant pour faire taire les bruits de couloir ? Pas sûr. D’autant que la candidate du RN a profité de son discours de rentrée en terre conquise pour recadrer le cap de sa campagne… et rappeler à tous qu’elle reste la patronne. Avant son arrivée sur scène, une dernière chanson a d’ailleurs donné le ton : Je marche seul, de Jean-Jacques Goldman.
Marine Le Pen n’a consacré qu’une seule phrase à son dauphin, arrivé en dernier dans la salle selon nos confrères présents à l’événement. Lui n’a pas pris la parole. “La débardellisation du parti a commencé“, commentait Bruno Retailleau sur le plateau de BFMTV le 6 septembre, décrivant la reprise en main de la ligne par le clan Le Pen, au détriment des inflexions libérales de Jordan Bardella.
Sur les retraites, Marine Le Pen est venue recadrer sèchement la ligne devant le Medef, défendant un âge de départ à 62 ans, voire 60 ans alors que Jordan Bardella évoquait publiquement un “nouveau système“. Des désaccords sont aussi apparus sur l’interdiction du port du voile dans l’espace public souhaitée par l’ancienne députée européenne, là où Jordan Bardella ne veut pas d’une police du vêtement.
“C’est elle ou moi”
De son côté, ce dernier a réaffirmé son “affinité politique et personnelle indéfectible” pour la candidate à l’Élysée. “Si certains attendent de ma part que je sois déloyal à Marine Le Pen […] c’est très mal me connaître“, a-t-il dit sur BFMTV, promettant de “faire son travail” et d’être “à son poste“.
Mais quel poste attendra le “plan B” du RN en cas d’élection ? La question se fait de plus en plus présente, alors que Marine Le Pen fait aussi le choix de mettre en avant son clan familial, à l’instar de sa sœur, Marie-Caroline Le Pen, avec qui elle a fait son premier déplacement cet été, ou sa nièce Nolwenn, devenue directrice de la communication. Ce début de campagne a même marqué le retour de son autre nièce, Marion Maréchal, non sans crispation au sein du parti.
Selon Libération, Jordan Bardella aurait ainsi refusé d’inviter Marion Maréchal aux journées parlementaires du RN au Touquet, lançant devant témoins : “C’est elle ou moi“.
