
Canicule, travaux, sécurité, budget… Michaël Delafosse fait le point sur les dossiers chauds de la rentrée dans un contexte de sobriété budgétaire.
Après un été caniculaire, l’Hérault est à nouveau en vigilance orange. Quelle est votre priorité de la rentrée en termes de transition écologique ?
Nous allons probablement connaître des étés comme ça chaque année. Je rends d’abord hommage à tous ceux qui se sont mobilisés : les pompiers, qui ont réussi à éteindre l’incendie de Murviel-lès-Montpellier très rapidement, la Croix-Rouge, le CCAS, les clubs de l’Âge d’Or. Je constate que l’Esplanade a été un lieu refuge pour les familles. Je présenterai un plan d’ensemble en octobre pour accélérer la désimperméabilisation des sols et la végétalisation. On a désimperméabilisé 20 ha dans le mandat précédent, nous doublerons la surface. Lors des Assises du logement, en décembre, je réunirai les acteurs pour que les normes soient aussi adaptées à la chaleur estivale. La question de la climatisation dans un secteur sauvegardé est posée : Il faut discuter avec l’architecte des bâtiments de France pour permettre aux habitants du centre historique de l’installer s’ils le souhaitent. Il ne faut pas être dogmatique sur cette question. Ceux qui sont contre le font bien souvent de bureaux climatisés.
Y compris dans les écoles ?
Ce sera dans les discussions en octobre. Le patrimoine scolaire n’a pas été pensé pour le confort climatique. On met beaucoup de moyens pour faire disparaître les écoles “paillerons”. On engage la transformation de l’école Vasco de Gama-Mermoz. Boulloche, Wolf, Roosevelt, Van Gogh seront transférées dans un nouveau bâti. Mais il est clair qu’on va devoir se poser la question car les enfants doivent avoir une année scolaire complète.
Que pensez-vous de la proposition d’installer des “toldos” place des Martyrs-de-la-Résistance ?
On a couvert la rue de la Loge d’ombrières, il y a plein de choses à opérer. Nous changeons de paradigme. Nous n’avons pas eu de pic de surmortalité à Montpellier. L’événement climatique du 24 août, avec un nombre incalculable d’arbres touchés, va se répéter. J’invite chacun à se préparer : s’inscrire à la téléalerte, se renseigner sur les comportements à adopter. On a fait les aménagements sur Grabels et Juvignac pour la protection du ruissellement et des inondations, on continue à investir sur la digue du Coulazou à Fabrègues. Montpellier a une grande culture du risque. Le dérèglement climatique est là. La Métropole de Montpellier va poursuivre ses efforts pour réduire ses émissions de CO2.
Avec quels financements relever ces défis alors que la part métropolitaine de la taxe foncière vient d’augmenter…
Si nous n’avions pas fait cette augmentation, nous aurions peut-être dû fermer des piscines. Nous avons préservé le périmètre des services publics. La Ville et la Métropole conservent des moyens d’investir. Mais le microfleurissement, la préservation du Coteau de Malbosc ou la désimperméabilisation, c’est aussi faire différemment. Nous sommes face à un mur d’investissement. Il faut soutenir les mobilités décarbonées à travers le Serm. Le budget, ça sert à financer les pompiers, créer des digues, des bassins de rétention… C’est plus agréable d’inaugurer une ligne de tramway, certes, mais voilà l’enjeu. On est passé de 23 % de fuites d’eau à 13 %, l’objectif fixé à Manu Reynaud, c’est atteindre 10 %.
Toujours financé par les impôts payés par les propriétaires, c’est normal ?
Couper le citoyen du financement des services locaux est une erreur. 60 % des Montpelliérains ne paient pas l’impôt. Le système de fiscalité locale n’est pas bon. Mais à Montpellier, le niveau de service public est remarquable.
Un plan d’économie de 50 M€
Devrez-vous renoncer à certains projets ?
Les deux années qui viennent seront d’une grande sobriété budgétaire. J’ai demandé à l’administration un plan de marge de manœuvre d’économie de 50 M€ sur la durée du mandat. L’IA est là. Nous devons être plus exigeants sur les marchés publics. Notre plan contre l’absentéisme porte ses fruits. On accompagne les agents dans leur reconversion. Pour défendre le service public, il doit être réinterrogé. Je ne défends pas l’empilement mais la transformation. La Métropole va atteindre le 100 % LED…
La ligne 4 de bustram aurait déjà dû être livrée : où en est-on du déploiement du réseau dans la Métropole ?
D’abord la ligne 5 de tramway monte en puissance avec 45 000 voyageurs. Nous ne sommes plus la risée du pays avec la galère des usagers à la gare sud de France. Beaucoup d’habitants se mettent au vélo. La priorité aujourd’hui ce sont les habitants de la Métropole. Nous passons en phase travaux dans les communes de Castelnau, Le Crès, Vendargues et Castries pour le prolongement de la ligne 1 de bustram. À l’Ouest, je remercie la présidente de Région pour avoir tenu bon sur le lycée de Cournonterral dont nous avons financé les abords. C’est un changement majeur pour les lycéens dont certains mettaient une heure et demie pour venir à Jules-Guesde. On a réduit les flux entrants dans Montpellier. Les études sur la ligne 4 de bustram sont en cours cette année. La livraison aura lieu en 2029-2030. La priorité c’est donner une offre mobilités à l’extérieur de la ville, aussi grâce au Serm. Avec la LGV, nous aurons notre RER du littoral avec un train tous les quarts d’heure entre Vincent Bouget et Hervé Marquès !
L’expérimentation de l’encadrement des loyers prend fin en novembre : quel bilan tirez-vous ?
Nous allons demander au gouvernement de la poursuivre. Ce sujet est transpartisan car la question du logement est majeure. Je me réjouis car nous allons inaugurer 241 logements étudiants à la Cité U. Nous allons travailler avec Altémed sur les résidences sociales pour les seniors. Le réinvestissement urbain sur les sites de MBS ou de Groupama va commencer. Nous agissons sur tous les leviers. La rénovation urbaine de la Paillade est l’un des engagements les plus importants de mon mandat.
Cet été, vous avez apporté votre soutien au maire d’Alès aux prises avec la montée du narcotrafic. Montpellier n’est pas épargné.
J’ai demandé audience à Laurent Nunez pour avoir plus de policiers nationaux. Un maire ne doit pas avoir peur. Il faut continuer à dire et à agir. J’utilise 1 000 stratagèmes contre les commerces de façade qui pourrissent la vie des gens comme à Eurydice, rue de la Méditerranée ou en haut de l’avenue de Toulouse. On est record de France des fermetures administratives. Il y a plein d’endroits où on fait l’autruche. On ne lâche rien avec les moyens qu’on a. On doit pouvoir donner notre avis sur les commerces qui ouvrent en centre-ville comme c’est le cas pour les grandes surfaces en périphérie. La démolition, rue de las Sorbes, a coûté 1 M€ d’argent public… On ne peut pas tout faire en même temps.
Le collège où vous enseignez a été pris pour cible récemment : la sécurité se dégrade-t-elle à Montpellier ?
On a eu affaire à des loubards. Ils ont été interpellés. C’est du vandalisme d’adolescent. Les familles doivent être des repères. On leur offre des activités pendant l’été. L’école et le service public, ça se respecte. Nous avons renforcé les effectifs avec la création de 42 postes de la police métropolitaine des transports, 50 policiers municipaux supplémentaires plus le GSRI qui fait un boulot exceptionnel dans le parc social. À Montpellier, on gagne des habitants. On a besoin de plus de policiers nationaux mais aussi plus de moyens d’enquête. Bonne nouvelle avec l’arrivée de dix nouveaux magistrats. On va aussi doubler le nombre de caméras, de 500 à 1 000, ça aide à élucider les affaires.
