
Bruno Retailleau a appelé à la création d’une “cour disciplinaire de la magistrature”, destinée à rendre des avis et sanctionner les magistrats à la place du Conseil de la magistrature. Ce dernier ne serait cependant pas supprimé.
Les magistrats ont les oreilles qui sifflent depuis la mort de Lyhanna, retrouvée sans vie dans un silo près de Fleurance (Gers) jeudi 4 juin. Pour Bruno Retailleau, cette affaire est une nouvelle illustration d’un “abominable naufrage judiciaire”.
Il renvoie aux plaintes et signalements visant Jérôme Barella, suspect principal dans l’enlèvement et le décès de Lyhanna, et s’agace d’un “insupportable laisser-aller qui laisse dans la nature un prédateur d’enfants. Ça ne peut pas continuer comme ça”.
Ce faisant, il a appelé samedi 6 juin à la création d’une “cour disciplinaire de la magistrature”.
Le Conseil supérieur de la magistrature “trop corporatiste”
“Les mécanismes de sanction des magistrats ne fonctionnent pas”, a déploré l’ancien ministre de l’Intérieur lors d’un entretien avec Le Parisien. Avec cette cour, il aimerait remplacer l’actuel Conseil supérieur de la magistrature, qu’il juge “trop corporatiste dans sa composition”.
Bruno Retailleau balaie d’un revers de manche l’argument du manque de moyens avancé par les syndicats de magistrats ces derniers jours. Argument invoqué entre autres par Aurélien Martini, secrétaire général adjoint de l’Union syndicale des magistrats, et Manon Lefebvre, du Syndicat de la magistrature, après les reproches formulés par le ministre de la Justice Gérald Darmanin sur TF1 vendredi. Ce dernier accusait “l’institution judiciaire” de ne pas suivre les circulaires, notamment celle appelant à prioriser les dossiers sur les violences sur les mineurs.
À quoi s’attendre ?
Cette cour disciplinaire de la magistrature serait composée “d’un collège de citoyens désigné par tirage au sort” et qui siégera “aux côtés de magistrats et de personnalités qualifiées. Cette cour ne sera pas présidée par un magistrat mais par l’un des autres membres, élu par ses pairs. Elle pourra être saisie par les citoyens, les supérieurs hiérarchiques des magistrats en cause ou le ministre de la Justice”, développe Bruno Retailleau.
Pas question de supprimer le Conseil supérieur de la magistrature pour autant. Simplement, “il existera sous une autre forme, notamment pour les nominations des magistrats”.
