“Faire avancer les idées et les projets” : le Conseil de développement de Sète Agglopôle veut être un acteur entre habitants et élus



Le nouveau Conseil de développement de Sète Agglopôle (Codev) a été installé mercredi 8 juillet, au Conservatoire de Sète. Composée de 130 citoyens des 14 communes, l’instance de démocratie participative entend éclairer les élus sur les sujets importants du territoire avant la prise de décision. Son président Bruno Arbouet fait le point.

Quel sera le rôle du Conseil de développement, nouvellement installé, que vous présidez ?

Ces dernières années, l’Agglo est devenue un échelon majeur de l’action publique. Elle élabore le projet de territoire, organise les mobilités, planifie l’aménagement, conduit les politiques de transition écologique, de développement économique, d’habitat, de l’eau… Ces compétences structurent le quotidien des habitants. Nos vies sont devenues intercommunales. Elles sont impactées par des sujets relevant davantage de l’Agglo que de leur commune. C’est pour cela que le Codev a vocation à susciter la création de citoyens intercommunaux et à servir d’interfacer avec les élus. Il participe à la construction d’une citoyenneté intercommunale.

Quel est le rapport avec les élus ?

On ne conteste pas leur rôle. Ils ont été élus. Ils sont légitimes. C’est à eux de décider. Mais sur des sujets complexes, il y a besoin d’échanger. Composé de citoyens bénévoles, le Codev est là pour éclairer leurs avis en amont. Il y a des messages à faire passer. La seule gratification sera de modestement contribuer à enrichir et dynamiser notre vie démocratique. C’est dans cette interaction entre citoyens et élus qu’il peut trouver sa place et son utilité.

Concrètement, de quels sujets allez-vous vous saisir ?

On se réunira en septembre pour en décider, dégager les commissions et les axes de travail. On va être naturellement sollicité sur le projet de territoire, qui est le document cadre de la mandature. Et on s’autosaisira d’autres sujets qui nous semblent importants.

“Ne soyons pas sur des postures radicales mais sur des postures d’écoute”

L’eau d’Issanka peut-elle en faire partie ?

On est prêts à aborder des sujets compliqués : la sécurité, l’immigration, la santé et, bien sûr, l’eau d’Issanka. Ce sera décidé en septembre. Sur le sujet d’Issanka, il y a beaucoup de postures radicales alors que des voix de compromis sont entendables.

Le Codev de Sète Agglopôle se distingue-t-il d’autres Codev ?

Je préside la Coordination nationale des Conseils de développement (CNCD) J’ai donc une bonne vision des 130 Agglos dans lesquelles on retrouve un Codev. Très clairement, sur ce territoire où le Codev a été créé en 2015, il y a une dynamique qu’on ne retrouve pas ailleurs. Il y a une grande diversité de citoyens et un vrai appétit. J’espère que cette vitalité démocratique pourra s’exprimer. Ma conviction est que l’on a besoin de faire des choix radicaux. Pour cela, on a aussi besoin d’un débat apaisé. Ne soyons pas sur des postures radicales mais sur des postures d’écoute, sur des méthodes d’un dialogue apaisé et respectueux de l’autre, au-delà des désaccords et des controverses.

 

Plus jeune, plus paritaire, plus représentatif

Le Conseil de développement de Sète Agglopôle Méditerranée a été largement renouvelé au printemps. Et il a suscité de l’intérêt. Suite à l’appel à candidature, près de 200 personnes se sont en effet portées volontaires pour intégrer l’instance de démocratie participative, qui compte 130 membres (1 pour 1000 habitants).

À l’arrivée, le Codev a été renouvelé à 70 % (100 sur 130 membres). Il s’est davantage féminisé et n’est plus très loin de la parité (60-40). Il est également rajeuni (17 à 83 ans). Enfin, il compte 60 % d’actifs et les quatorze communes du territoire sont représentées. Présidé par Bruno Arbouet, le nouveau Codev se réunira en septembre pour définir ses règles de fonctionnement et définir ses commissions et les thèmes de travail retenus.

Votre rôle est-il d’autant plus important dans une société où les avis tendent à se radicaliser ?

Je le pense. Les élus, comme les institutions, sont frappés par la défiance. En s’inscrivant dans un récit collectif auquel tout le monde adhère, le Codev peut servir de lien avec la population et les élus. Notre légitimité n’est pas d’être élu ou expert technique. Elle est d’être des experts d’usage, de pouvoir raconter la vraie vie des gens, dont nous sommes les représentants. On peut faire œuvre utile pour ça.



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