“Le Pompidou ne doit pas juste être une route départementale qui traverse le village” : sur la corniche des Cévennes, un village face au défi de l’attractivité


Cent jours après son élection le 15 mars 2026, le nouveau maire du Pompidou dresse sa feuille de route. Entre protection du territoire et besoin de développement, la commune veut préserver sa vitalité et attirer de nouveaux habitants.

Le Pompidou, village de 182 habitants, sur la corniche des Cévennes, à mi-chemin entre Florac et Saint-Jean-du-Gard. “Il y a autant de hameaux que de maisons”, plaisante son nouveau maire, Henri Kaufmann, qui a pris la suite de Françoise Saint-Pierre, en mars dernier.

Depuis cent jours maintenant, il est installé avec son équipe dans la mairie, qui partage les locaux avec un point poste – “c’est le seul service public” – et un point d’accueil du Parc national des Cévennes. Nous sommes ici en zone cœur.

Maintenir la vie locale

Voilà qui pose les bases des défis que la commune doit relever. Comment maintenir de la vie locale, du lien social, de l’attractivité, en prenant en compte tous ces paramètres ?

Henri Kaufmann, devant la mairie du Pompidou où il est installé depuis les dernières élections municipales.
Henri Kaufmann, devant la mairie du Pompidou où il est installé depuis les dernières élections municipales.
Midi Libre – Stéphanie Bouloir

Les associations sont actives et nombreuses ici. Plusieurs manifestations ponctuent l’année, comme des rencontres littéraires, une course pédestre, un festival musical… La nouvelle municipalité, en signe de soutien, a augmenté leurs subventions. “Même si comme tout le monde, on en est à compter avant de commander des trombones”, glisse le maire.

Soutenir les producteurs locaux et les artisans

Autre point fort, les producteurs locaux. Fromages, charcuterie, agneau, fruits et légumes, plantes médicinales, miel ou encore vin, il y a largement de quoi garnir sa table, en local. L’équipe municipale étudie la création d’un circuit gourmand, qui inciterait les gens de passage à s’arrêter et à découvrir les richesses locales.

“Notre problème, c’est que les voitures traversent mais ne s’arrêtent pas. Il faut qu’on leur propose de s’arrêter pour découvrir le patrimoine, les producteurs. Le Pompidou ne doit pas juste être une route départementale qui traverse le village”, pose le maire.

Des contraintes d’urbanisme

Le développement est l’un des soucis de la municipalité. L’emploi et le logement sont “indispensables pour attirer et retenir des familles et des jeunes”, souligne le maire. Les règles d’urbanisme, contraintes, limitent les possibilités.

Exemple, le projet de la Maison de Marthe, porté déjà par la précédente municipalité. Un terrain a été donné à la commune, sous réserve qu’il accueille un projet social. La municipalité nourrit l’espoir d’y voir naître cette structure, une résidence pour personnes âgées autonomes. En zone cœur du Parc national des Cévennes et Natura 2000, “ce projet est bloqué, explique le maire. Nous avons saisi le préfet.”

Il y a un réel attachement au pays, à ses traditions, à l’identité cévenole

“Il y a des défis, admet Henri Kaufmann, mais il y a aussi une vraie envie. Il y a un réel attachement au pays, à ses traditions, à l’identité cévenole.” “On enterre encore les morts dans nos jardins, on est liés à la terre”, renchérit Bruno Manin, conseiller municipal.

Des défis

La tradition cévenole, c’est aussi l’accueil. Des jeunes d’ici ou des gens de l’extérieur qui veulent y créer leur projet, et qu’il faut accompagner. Des artisans aussi, qui ont par exemple besoin d’un dépôt. “Ils peuvent acheter du préexistant, mais ils ne peuvent pas construire sur la commune“, regrette le maire.

L’un des enjeux du mandat sera d’essayer de trouver des solutions à ces problématiques, tout en tenant compte de contraintes propres au territoire, en matière de défense environnementale par exemple. Pour faire avancer les dossiers les plus urgents, la municipalité a proposé la création de quatre groupes de travail : sur l’eau, sur la Maison de Marthe, sur le commerce, le logement et l’urbanisme. Elle entend aussi proposer quelques réunions publiques, et pourquoi pas lancer une newsletter. L’espoir : miser sur le collectif pour que vive Le Pompidou.



Source link

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *