Guerre au Moyen-Orient : que contient vraiment l’accord de paix signé entre les États-Unis et l’Iran ?



Les présidents américain Donald Trump et iranien Massoud Pezeshkian ont signé jeudi un protocole d’accord historique prévoyant la cessation “immédiate et permanente” des hostilités au Moyen-Orient. Washington et Téhéran s’engagent à conclure un accord de paix final sous 60 jours.

L’essentiel

• Les États-Unis, l’Iran et leurs alliés cessent immédiatement les opérations militaires, notamment au Liban. Signé à distance jeudi à Islamabad, cet accord historique sera célébré par une cérémonie officielle ce vendredi en Suisse.

• Washington et Téhéran négocieront un accord final sous 60 jours. Les USA lèvent immédiatement le blocus des ports iraniens (instauré le 13 avril) et retireront leurs forces armées des abords de l’Iran dans les 30 jours suivant l’accord final.

• Le détroit d’Ormuz rouvre au trafic commercial après déminage sous 30 jours. L’Iran maintient le statu quo sur le nucléaire sous l’œil de l’AIEA, tandis qu’un plan de reconstruction de 300 milliards de dollars sera déployé par les USA.

Voici les principaux points du protocole d’accord signé entre les Etats-Unis et l’Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-orient, dont le contenu a été rendu public par Washington et Téhéran : les Etats-Unis, l’Iran et leurs alliés respectifs “déclarent la cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban”.

Ils s’engagent “à ne pas initier de guerre ou d’opération militaire l’un contre l’autre et à s’abstenir de la menace ou de l’usage de la force l’un contre l’autre, tout en garantissant l’intégrité territoriale et la souveraineté du Liban”.

Accord final sous 60 jours

L’Iran et les Etats-Unis “s’engagent à négocier et à conclure l’accord final dans un délai maximum de 60 jours, extensible d’un commun accord”. Les Etats-Unis commenceront “immédiatement” à lever leur blocus des ports iraniens qu’ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours.

Les Etats-Unis s’engagent en outre “à retirer leurs forces des abords de la République islamique d’Iran dans les 30 jours suivant l’accord final”.

Réouverture du détroit d’Ormuz

L’Iran s’engage à “assurer la sécurité du passage des navires commerciaux, sans frais pendant 60 jours uniquement, du golfe Persique vers la mer d’Oman, et inversement. Le trafic des navires commerciaux commencera immédiatement” et sera pleinement rétabli dans un délai de 30 jours, une fois le détroit d’Ormuz déminé.

Les Etats-Unis et leurs partenaires régionaux élaboreront un plan “d’un montant d’au moins 300 milliards de dollars, destiné à la reconstruction et au développement économique” de l’Iran.

Levée des sanctions

Les Etats-Unis “s’engagent à mettre fin à tous les types de sanctions” unilatérales et internationales contre l’Iran, selon un calendrier qui sera convenu dans l’accord final. En attendant, les Etats-Unis “s’engagent à rendre pleinement disponibles et utilisables les fonds et avoirs de la République islamique d’Iran gelés ou soumis à des restrictions dès la mise en œuvre du présent protocole d’accord”.

De façon immédiate et jusqu’à la levée des sanctions, le département du Trésor américain délivrera “des dérogations pour l’exportation de pétrole brut iranien, de produits pétroliers et dérivés, ainsi que pour tous les services associés, y compris les transactions bancaires, les assurances, le transport, etc”.

Nucléaire

L’Iran réaffirme qu’il “ne se procurera ni ne développera d’armes nucléaires”. Le sort de l’uranium enrichi accumulé par l’Iran sera réglé “selon un mécanisme qui sera convenu mutuellement […] la méthodologie a minima consistant en une méthode de dilution sur place sous la supervision de l’AIEA” (Agence internationale de l’énergie atomique).

En attendant cet accord final, l’Iran “maintiendra le statu quo actuel de son programme nucléaire”, et les Etats-Unis “n’imposeront aucune nouvelle sanction et ne déploieront pas de forces supplémentaires dans la région”.

Signature

Selon le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont la médiation a été cruciale, l’accord a été signé électroniquement et à distance jeudi, heure d’Islamabad, par les présidents iranien Massoud Pezeshkian et américain Donald Trump.

Une cérémonie de signature est confirmée vendredi en Suisse “pour commémorer cet événement marquant et donner le coup d’envoi des discussions techniques”. L’accord final sera entériné par une résolution contraignante du Conseil de sécurité de l’ONU.

Reflux du pétrole

La signature du protocole d’accord entre les États-Unis et l’Iran pour rouvrir le détroit d’Ormuz a provoqué une nette chute des cours du pétrole (le WTI reculant à 75,33 $ et le Brent à 78,16 $), éliminant ainsi une importante prime de risque. Ce reflux des prix de l’énergie, synonyme d’un soulagement face à l’inflation, a propulsé les Bourses asiatiques : Tokyo a frôlé un record historique et Séoul a franchi pour la première fois la barre des 9 000 points, portée par l’euphorie du secteur de la tech et de l’IA. Ce vent d’optimisme sur les marchés actions permet ainsi de compenser le ton plus ferme adopté par la Fed américaine sur ses taux, qui continue par ailleurs de mettre le yen sous pression.



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