Femmes Solidaires : Martine Gayraud, une présidente engagée pour une loi contre les violences sexuelles et sexistes



Depuis 2017, la présidente gardoise de Femmes solidaires s’engage pour l’égalité et contre les violences sexistes et sexuelles. L’association, active au niveau national et international et dispose d’un siège consultatif à l’ONU. La structure intervient dans les écoles pour sensibiliser et milite pour une loi renforçant la justice et la protection des victimes. Entretien avec une figure du militantisme.

Vous êtes la présidente de femmes solidaires en quoi consiste le travail de l’association ?

Je suis présidente depuis 2017, d’emblée j’ai été séduite par les valeurs que portait cette association, d’égalité, de mixité, de laïcité et d’universalité des droits des femmes en s’appuyant sur une culture de paix et de solidarité, cela correspondait à mes valeurs et les missions d’éducation pour faire évoluer les mentalités et changer la société sont devenues essentielles pour moi.

De plus Femmes solidaires est un mouvement national qui a tissé des réseaux dans de nombreux pays, qui a un siège consultatif à l’ONU où nous débattons chaque année de la situation faite aux femmes, du local au global donc pour moi c’est un engagement complet. L’essentiel de notre travail consiste à l’appui d’agrément de l’Éducation nationale, de rencontrer des élèves dans les collèges et lycées pour aborder l’égalité, la lutte contre les violences, nous organisons aussi des débats thématiques tout public, des rencontres dans les centres sociaux de la ville.

L’ampleur des violences faites aux femmes

Pourquoi êtes-vous engagée dans la lutte contre les violences sexuelles et sexistes ?

Très vite j’ai pris conscience de l’ampleur des violences faites aux femmes en France et dans le monde, cela m’a beaucoup bousculé, par exemple sur les terrains de guerre, les parcours des migrations, les viols de masse, les violences conjugales non réprimées dans de nombreux pays, excisions pratiquées encore dans certains pays. C’est un choc quand on travaille sur ce sujet, en France les violences conjugales ne cessent pas, je ne reviens pas sur les chiffres, à cela s’ajoute les violences sexuelles sur les enfants, avec la parole des femmes, des enfants minimisé ou pas entendu.

“La loi que nous défendons avec la coalition féministe qui est maintenant débattue est essentielle”

C’est pour cela que la loi que nous défendons avec la coalition féministe qui est maintenant débattue est essentielle, nous avons besoin d’une justice entièrement spécialisée, d’une protection renforcée des enfants, de la fin de l’impunité pour les auteurs, d’un système de santé sécurisé, d’une lutte concrète contre les cyber violences, de formation, d’éducation, et pour tout cela il faut des moyens financiers à la hauteur ! Nous allons mettre la pression et resterons mobilisées jusqu’au vote de la loi.

Quel constat faites-vous dans ce domaine en termes de moyens d’accompagnement et d’enquête ?

En l’état il y a beaucoup de choses à améliorer sur toute la chaîne, enquête accompagnement juridique, il manque des professionnels dédiés et formés d’où l’importance de la loi intégrale.

Quelle est l’urgence ? Changer les mentalités ou donner des moyens d’envergure à la justice, aux associations, aux services d’enquête ?

Les deux sont très importants ! Je dirais même urgent. Voter la loi avec les moyens financiers nécessaires et en même temps changer les mentalités, faire évoluer la société tout entière avec l’éducation. Il faut donc des moyens pour sortir des violences, accompagner mais aussi éduquer pour des associations comme la nôtre afin de continuer notre travail de fond c’est aussi une urgence !



Source link

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *