
Ce week-end, l’ex-Président a entamé une campagne informelle, entre humour et stratégie, en marge de l’université d’été du PS ou en débattant avec Édouard Philippe. Récit.
Les caniveaux débordent, les passants surpris courent en longeant les façades pour se protéger. Après un été caniculaire, Blois redécouvre enfin la pluie et François Hollande, dont les sorties présidentielles ont été marquées, durant cinq ans, par des crachins et des bourrasques, s’en amuse.
À un journaliste qui, le lendemain, lui lance : “La pluie, c’est un signe ?”, il répond : “Oui, toujours le même !”. Il veut y voir un retour prochain à l’Élysée et en ce vendredi 28 août, à Blois, l’ancien Prédisent entame une drôle de campagne pour y parvenir.
La première étape le mène aux portes des universités d’été du Parti socialiste. François Hollande n’a pas honoré ce rendez-vous depuis la campagne de 2012.
C’est à La Rochelle, où se tenait alors le rendez-vous des socialistes, qu’il avait testé ses attaques contre la finance. Depuis, conscient de n’être pas le bienvenu, il s’en est tenu à l’écart. Mais cette année, presque candidat, il ne pouvait plus tergiverser.
Souligner ses liens avec le PS devenait essentiel mais sans trop s’en approcher pour ne pas risquer les huées. La réconciliation n’est en effet pas encore à l’ordre du jour. “La situation de la gauche aujourd’hui qui est éclatée façon puzzle, c’est de sa faute. Et le tournant macroniste, de sa faute aussi”, nous explique un jeune militant.
Une élue abonde : “Il y a eu des erreurs politiques et je regrette qu’il ne se soit pas prêté à un bilan. Désormais, je l’invite à participer à la primaire.” Anaïs elle, militante parisienne, est un peu plus tendre : “Hollande n’est pas le pire, il est mieux que Glucksmann car je pense qu’il est beaucoup plus capable de rassembler.” Les vrais soutiens sont encore rares.
L’ex-Président donnera sa réponse en décembre
Rendez-vous a donc été donné aux journalistes devant la mairie de Blois à quelques centaines de mètres de la Halle aux grains où débattent les militants. “Un rassemblement devra s’opérer à la fin de l’année. Il y aura un moment de vérité. J’ai écrit un livre, j’ai fait des propositions… Nous verrons comment elles peuvent rassembler”, explique François Hollande.
En effet, ce premier week-end de campagne a été bien orchestré puisqu’il correspond à la sortie de son ouvrage Unir et d’une interview fleuve dans Le Point. Mais être présent dans la presse ne peut suffire. Le soir même, au bar Le Mimosa, l’ancien Président se fait donc un peu candidat en recevant une centaine, peut-être 200, de militants qui lui sont proches mais le rendez-vous est fermé à la presse.
Retour à la stature présidentielle le lendemain, non pas sur les bords de Loire mais sur ceux de l’Yonne. François Hollande a été invité à Sens par Jean-Michel Blanquer pour débattre avec Édouard Philippe.
“C’est un rendez-vous important qui va lui permettre de montrer qu’il est de retour dans l’arène tout en restant au-dessus de la mêlée. En débattant avec Édouard Philippe, il veut marquer un changement de posture et recréer le clivage droite-gauche”, nous explique son entourage. Qui ajoute : “La question désormais va être : qui est le mieux placé pour battre Marine le Pen au second tour ?”
Durant plus d’une heure, les deux hommes évoquent la crise de la dette, la question de l’immigration, de l’Europe… et la prochaine présidentielle. Édouard Philippe sourit : “Il y a des candidats qui n’osent pas dire qu’ils le sont”, lance-t-il en visant son interlocuteur. François Hollande ne se démonte pas et explique : “La question est : est-ce que je peux être utile compte tenu de la situation ? J’attendrai décembre pour donner la réponse.” À l’extérieur, la pluie vient de cesser.
Sébastien Lecornu “pas candidat”
“Comme je l’ai déjà dit à plusieurs reprises, je ne suis pas candidat à l’élection présidentielle”, a déclaré Sébastien Lecornu au Parisien, dans un entretien publié samedi sur le site du quotidien. Affirmation émise en tapant du poing sur la table, selon nos confrères. “Je ne sais pas dans quelle langue il faut que je le dise ! Le gouvernement est un gouvernement de mission, pas un gouvernement en campagne !”, a encore martelé le Premier ministre à cette occasion, assurant également : “Je ne me mêle pas de la campagne présidentielle”. Dans cet entretien, l’hôte de Matignon dit vouloir faire adopter un budget cet automne et promet de ne pas augmenter les impôts.
