
Après la crise migratoire meurtrière de Ceuta, les ministres européens de l’Intérieur ont affiché un front uni ce mardi. À l’issue d’une réunion en visioconférence, ils ont réaffirmé leur soutien à l’Espagne et estimé que l’espace Schengen ne constituait pas le problème, mais “plutôt la solution”, selon le ministre français Laurent Nuñez.
Les ministres européens de l’Intérieur, réunis mardi en “réunion informelle” après l’afflux inédit de dizaines de milliers de migrants à Ceuta, enclave espagnole en Afrique du Nord, ont “convenu” que l’espace Schengen n’était pas “le problème”, selon le ministre français Laurent Nuñez. “Tous et toutes ont convenu que la question de l’espace Schengen n’était pas vraiment le problème, mais plutôt la solution”, a-t-il affirmé à la presse. Il a toutefois regretté les “dissensions” apparues au sein de l’Union européenne après cette crise, estimant que “des pays qui pratiquent l’ingérence étrangère […] savent utiliser les positions divergentes des uns et des autres pour finalement attaquer l’Union européenne”.
Des ingérences étrangères dénoncées
Selon Laurent Nuñez, l’ensemble des participants a également dénoncé les campagnes d’influence menées après la diffusion d’images de la crise de Ceuta. “On a eu un certain nombre d’ingérences informationnelles d’États étrangers qui ont utilisé ces images pour critiquer la politique de gestion migratoire de l’Union européenne, essayer de diviser les États membres entre eux”, a-t-il déclaré. Le ministre a insisté sur la nécessité de préserver l’unité européenne, soulignant qu’“aucun État membre n’avait intérêt à la division” et que les échanges avaient envoyé des “messages de grande solidarité”.
Un soutien unanime à l’Espagne et à sa coopération avec le Maroc
“Tous les États membres, tous sans aucune exception, ont marqué leur solidarité avec l’Espagne. Ils ont salué la gestion qui avait été celle du gouvernement espagnol” ainsi que “la coopération remarquable avec le Maroc”, a assuré Laurent Nuñez.
Une crise qui a ravivé les divisions européennes
La semaine dernière, après la crise de Ceuta, au cours de laquelle au moins 72 migrants sont morts côté espagnol et au moins 11 côté marocain, vingt-deux dirigeants européens, emmenés notamment par l’Italie, le Danemark, l’Allemagne et la Hongrie, avaient appelé dans une lettre commune à maintenir une ligne de fermeté sur l’immigration.
Ce courrier, auquel la France ne s’est pas associée, répondait à une lettre du Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, qui défend une approche plus ouverte en matière migratoire. Le chef du gouvernement espagnol avait dénoncé l’attitude “égoïste” de plusieurs pays ayant demandé d’exclure l’Espagne de l’espace Schengen, la zone européenne de libre circulation.
