“Nos enfants ont des maladies de vieux” : les experts alertent sur les ravages de la sédentarité chez les plus jeunes



À l’occasion de l’organisation des assises du muscle, ce mardi 2 juin au ministère de la Santé, les experts alertent sur les conséquences du manque d’activité physique dans la population, et particulièrement chez les enfants.

Les alertes se multiplient sur les effets de la sédentarité des jeunes générations, alors que l’Organisation mondiale de la santé préconise 60 minutes d’activité physique quotidienne pour les enfants.

“78 % des garçons et 85 % des filles n’y sont pas chez les 11-17 ans”, indique le chercheur Boris Cheval, maître de conférences au département Sciences du sport et éducation physique de l’Université de Rennes, qui appelle à “remettre du mouvement au coeur de l’école” : “Bouger n’est pas une option. On en a besoin pour notre santé physique et psychique, l’inactivité nuit aux capacités d’apprentissage”, insiste le scientifique.

Après l’Anses, en 2020, les experts réunis en amont des deuxièmes Assises du muscle, organisées sous l’égide de l’AFM Téléthon ce mardi 2 juin au ministère de la Santé, ont rappelé les effets délétères de l’inactivité : “Les jeunes ont des maladies de vieux, du cholestérol, du diabète de type 2, de la myopie avant l’âge de 15 ans, des troubles dépressifs, des infarctus du myocarde dès 30 ans alors que c’était à partir de 45 ans il y a vingt ans”, s’inquiète François Carré, professeur de cardiologie, président du collectif “Pour une France en forme”.

Il fait état d’une étude américaine sur 40 000 enfants obèses, qui montre que deux tiers d’entre eux auront un accident cardiovasculaire avant l’âge de 40 ans.

Une année complète assis dans la scolarité

En France, les chiffres sont saisissants : le taux d’inactivité physique des adolescents est de 80 %, et du CP à la terminale, un élève “passe une année complète, nuit incluses, assis”.

Or, “un enfant qui ne marche pas sera un adulte qui ne marchera pas”, s’inquiète François Carré, qui assure que le système économique sera mis à mal par cette problématique : “On va arriver à un moment où on ne pourra pas payer pour tous les malades. Il faut que l’éducation nationale comprenne que l’éducation physique n’est pas une perte de temps. Nous n’arrivons malheureusement pas à lui faire passer ce message”.

Le coût social de la sédentarité a été mesuré : 140 milliards d’euros par an selon une étude de France stratégie, “plus de deux fois le budget de l’Éducation nationale”, souligne Laurence Tiennot, présidente de l’AFM Téléthon.



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