Une édition dans un contexte de “résurgence des exécutions” : Paris accueille le congrès mondial contre la peine capitale



Le 9e congrès mondial contre la peine de mort s’ouvre ce mardi 30 juin à Paris, réunissant 1 500 participants de 100 nationalités. Organisé par l’ONG ECPM, ce rendez-vous intervient face à une hausse des exécutions dans une poignée d’États, à l’instar de l’Iran, malgré une dynamique abolitionniste globale.

La peine de mort au cœur d’un congrès international en France ce mardi. Paris accueille de mardi 30 juin à jeudi 2 juillet le 9e congrès mondial contre la peine de mort. Organisé par l’ONG Ensemble contre la peine de mort (ECPM), le principal rendez-vous du mouvement abolitionniste mondial se tient ce mardi et mercredi à la Maison de la radio, puis jeudi à l’hôtel de Lassay, résidence de la présidente de l’Assemblée nationale.

“Plus de 1 500 participants sont attendus, de 100 nationalités différentes”, a souligné Raphaël Chenuil-Hazan, directeur général d’ECPM, lundi 29 juin lors d’une conférence de presse.

Une édition sur fond de “résurgence des exécutions”

Cette nouvelle édition du congrès intervient sur fond de “résurgence des exécutions” dans plusieurs pays qui contraste avec une “dynamique abolitionniste” globale, selon les mots de l’ambassadrice française pour les droits de l’homme, Isabelle Lonvis-Rome.

Si 114 États ont définitivement abandonné la peine capitale, “nous observons dans plusieurs pays une résurgence des exécutions, employées comme outils de répression politique, de contrôle social ou de réponse aux crises sécuritaires”, a souligné Isabelle Lonvis-Rome.

Chine, Iran, Arabie saoudite et Irak pointés du doigt

Elle ajoute que “les exécutions demeurent en réalité le fait d’une poignée d’États, tandis que de plus en plus de pays renoncent durablement à cette pratique”.

Selon l’ONG ECPM, la Chine, l’Iran, l’Arabie saoudite et l’Irak sont les quatre nations ayant procédé au plus grand nombre d’exécutions en 2024.

Les autorités iraniennes ont exécuté au moins 1 639 personnes en 2025, un record depuis 1989, selon Iran Human Rights et ECPM.

La peine de mort est “raciste”

Plusieurs débats alimenteront ces trois journées de congrès dont l’un s’intéresse au caractère “raciste” de la peine de mort. Selon Aminata Niakaté, présidente d’ECPM, la peine de mort est “raciste”, et les étrangers “sont plus souvent confrontés à une condamnation à mort que les non-étrangers”.

“Il est important que la France poursuive son action en faveur de la dignité humaine. L’accueil de ce congrès s’inscrit dans cette démarche résolue”, a complété Isabelle Lonvis-Rome.

De nombreuses personnalités seront présentes au congrès, notamment Philippe Maurice, le dernier condamné à mort français, gracié par le président François Mitterrand en 1981.



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