Règlement intérieur, compte financier unique… et cages à sanglier : ce qu’il faut retenir du (long) conseil municipal de Nîmes ce vendredi



Le conseil municipal de la ville de Nîmes a duré plus d’une demi journée ce vendredi. Avec de nombreuses décisions administratives et des interventions répétées du RN

Au lendemain de la venue de deux ministres et de l’obtention de résultats concrets concernant le poste de police de Pissevin (déblocage de 620 000 euros) et le recrutement de policiers nationaux (16), le maire Vincent Bouget avait le sourire pour ouvrir le conseil municipal de ce vendredi : “Ces moyens ne sont sans doute pas encore suffisants, mais je veux y voir l’attention apportée par le gouvernement aux éléments que j’ai pu porter sur la situationd e notre ville et du quartier Pissevin”, a-t-il déclaré en préambule.

Pour le troisième conseil municipal du nouvel exercice, la majorité avait mis au programme, encore, de nombreux points purement administratifs… qui ont fait durer fortement la séance (lire ci-dessous).

Il a par exemple fallu désigner des grands électeurs pour les sénatoriales du 27 septembre prochain. Sachant que l’ensemble des élus du conseil municipal sont d’office grands électeurs, il était nécessaire de désigner des délégataires supplémentaires. A l’issue du vote, la majorité a obtenu 109 délégataires supplémentaires et 33 suppléants, l’opposition RN-UDR 28 délégataires supplémentaires et 8 suppléants, l’union de la droite et du centre 15 et 4.

Il a également fallu faire un changement d’adjoint. En effet, répondant aux statuts de son parti, l’élue Les Ecologistes Sibylle Jannekeyn a remis son écharpe d’adjointe pour éviter un cumul de fonctions avec sa vice-présidence à l’Agglo. Le conseil municipal a désigné Agnès Charaix-Py comme nouvelle adjointe.

Règlement intérieur

S’en est suivi un vote concernant le règlement intérieur du conseil municipal. Deux points majeurs sont soulignés par le maire : la volonté de donner un temps suffisant à chacun des groupes lors des débats budgétaires et celle de modifier la place des tribunes des groupes dans le bulletin municipal Vivre Nîmes afin que ceux-ci aient un minimum de 400 signes auqul sera rajoutée une surface supplémentaire proportionnelle au poids de chaque groupe dans l’assemblée. “Ceci ne pénalise pas l’opposition mais uniquement la majorité”, précise le maire. Sylvie Josserand, leadeuse de l’opposition RN en l’absence de Julien Sanchez, ne voit pas les choses de cette façon. Elle dénonce une mesure “complètement illégale […]. On comprend que c’est pour donner davantage d’espace à MM. Proust et Plantier. C’est de l’indécence démocratique. Votre histoire d’amour M. le maire avec MM Plantier et Proust finit par être très voyante ! Si le groupe RN dérange, il faut le dire.” Opposant de l’Avenir nîmois, Julien Plantier a ouvert le magazine municipal et pointé un espace blanc correspondant à la tribune non utilisée par le RN en le montrant à l’élue RN : “Vous n’avez même pas utilisé votre propre tribune, Madame Josserand !”

Rapport de la chambre régionale des comptes

Attendu, le rapport de la CRC sur la gestion de la ville de Nîmes et Nîmes métropole rendu public en mai n’a pas suscité de réel débat. Ce rapport, communiqué aux institutions en mai, remarque entre autres que Nîmes métropole a confié “la gestion de la majeure partie de ses compétences obligatoires, en particulier les transports, l’eau, l’aménagement et la collecte des ordures ménagères, à des entreprises privées par le biais de délégations de service public et de marchés publics.” Il souligne également “le faible niveau de mutualisation des services ressources entre la commune de Nîmes et l’agglomération”. Il remarque que ces dernières années “la communauté d’agglomération Nîmes Métropole a renforcé son pilotage des charges de personnel et développé sa gestion prévisionnelle des effectifs” alors que “la commune de Nîmes devra fiabiliser le suivi de ses effectifs, notamment ceux des agents contractuels, et ainsi améliorer la qualité de l’information des élus municipaux lors de l’adoption du budget”.

Vincent Bouget mentionne qu’une “démarche de déprécarisation” a été engagée notamment sur la problématique des vacataires. Franck Proust, ancien président d’Agglo et ex 1er adjoint, pour l’opposition de droite, note : “Vous héritez d’une gestion de la Ville et de l’Agglomération en bonne situation financière. C’est une chance d’avoir ce rapport en début de mandat, ça constitue un bon outil.”

Julien Plantier : “Place au temps de l’action !”

Un long passage a concerné la lecture par Gilles Guillaud, adjoint aux finances, de documents destinés à approuver le compte financier unique, nouveau document qui couple les compte de gestion et compte administratif. L’opposant de centre droit Julien Plantier a saisi l’occasion pour demander à la majorité des signes sur sa politique. “Vous semblez largement insister sur la concertation. […] Le temps de la réaction est révoulu, place au temps de l’action !” “La concertation et l’action ne sont pas antinomiques”, a répondu Gilles Guillaud.

Des cages supplémentaires pour les sangliers

Pour entrer dans le concret, il a fallu attendre des délibérations concernant les quartiers prioritaires, notamment le plan de sauvegarde des quatre copropriétés de la galerie Wagner à Pissevin.

Ou encore une délibération pour enrayer la prolifération des sangliers. Julien Roussel, conseiller municipal délégué à l’Animation de la Vie locale et à la Chasse. “A ce jour, il est mis à disposition des Louvetiers 10 cages-pièges mobiles + 1 cage fixe positionnée au Bois des Espeisses. Il apparaît nécessaire de mettre à la disposition de l’association des Lieutenants de louveterie du Gard. Il y aura trois cages-pièges supplémentaires en 2026 pour que les Lieutenants de Louveterie puissent les déposer chez les particuliers, les agriculteurs et sur les parcelles communales”, propose la délibération lue par Julien Roussel. Cette délibération, contrairement à beaucoup d’autres (lire ci-dessous) n’a pas fait l’objet de discussions ou d’opposition de la part du RN et a été adoptée à l’unanimité.

Avec le RN, un conseil toujours plus long

Le conseil municipal de ce 5 mai aura été long, on l’a dit. Certainement à cause d’un programme particulièrement chargé, avec des votes de grands électeurs ou de représentants de commission qui ont pris du temps. Mais aussi en grande partie en raison de l’intervention quasi systématique des élus RN et ciottistes sur plusieurs dizaines de dossiers. Des aménagements urbains à Chemin-Bas, Pissevin aux positions sur une subvention à l’arène des fiertés en passant par la question des créances irrécouvrables ou la subvention aux actions de jumelage Nîmes-Prague… le RN a beaucoup parlé. Des interventions pas toujours au point techniquement, qui ont souvent suscité l’exaspération des autres opposants du centre droit et entraîné des réponses là aussi presque systématiques de la majorité de gauche. Résultat : un conseil municipal qui a démarré à 9 heures et fini en début d’après-midi !



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