
Le leader de Place publique bénéficie dans la région Occitanie d’un assez large soutien de nombreux responsables ou grands élus du PS, dans le sillage de celui que lui apporte Carole Delga.
Le 27 septembre dernier, aux Rencontres de la gauche de Bram organisées par la présidente de la Région Occitanie Carole Delga, le leader de Place publique Raphaël Glucksmann avait fait exploser l’applaudimètre quand il avait affirmé son opposition à une primaire de la gauche à laquelle participerait Jean-Luc Mélenchon. “Parce que ça signifie que s’il gagne on sera derrière lui. Moi je dis, non, non, non ! Pas dans ce moment de l’histoire !”, s’était-il alors exclamé.
On sentait déjà poindre, en Occitanie, une forme d’adhésion envers celui qui s’est déclaré ce dimanche candidat à la présidentielle. Certes, il apparaissait alors en terrain quasi conquis, en des terres où les socialistes s’affichent largement en opposants à Olivier Faure et en farouches adversaires de toute idée d’alliance avec La France insoumise.
“Il est le mieux placé”
Un an plus tard, de nombreux cadres et grands élus régionaux du PS, et de la gauche sociale-démocrate en général, semblent toujours enclins, dans le sillage de Carole Delga qui lui affiche régulièrement son soutien, à voir en lui le candidat idoine. Ce que ne cache pas Kamel Chibli, vice-président de la Région Occitanie : “C’est lui qui peut nous permettre d’éviter le pire, d’avoir un minimum d’espoir. C’est lui qu’il faut accompagner et faire progresser. C’est aussi important pour l’offre de clarification, personne ne veut être sous l’emprise de Jean-Luc Mélenchon. Et même s’il n’emballe pas tout le monde, il est le mieux placé dans les sondages aujourd’hui, mieux que quiconque au PS”.
Ce que devront valider militants et sympathisants lors de la future primaire sociale-démocrate, dont les modalités sont en cours de négociation. Une étape nécessaire pour aider à choisir celui qui portera ses couleurs, selon le sénateur socialiste de l’Hérault Hussein Bourgi : “Il est encore trop tôt. Laissons passer la rentrée et que chacun dévoile son programme. Et puis il y aura une primaire pour trancher, avec des confrontations qui permettront à chacun de se forger une opinion.”
L’édito du directeur de la rédaction : Un long chemin
Le faux suspense a pris fin : Raphaël Glucksmann est candidat à l’élection présidentielle. Le leader de Place publique aura besoin du soutien du Parti socialiste pour mener campagne. S’il est défendu par les opposants à Olivier Faure et bénéficie de la faveur des sondages, il lui faudra remporter la primaire en gommant l’image d’un candidat élitiste, voire germanopratin. Les élections européennes ont soulevé l’espoir à gauche d’une alternative possible à la radicalité des Insoumis. Ces deux gauches étant irréconciliables, il devra se frayer un passage entre un Jean-Luc Mélenchon qui trace sa route et espère embarquer les écologistes, et un Édouard Philippe au centre qui pourrait bénéficier du vote utile de ceux qui veulent éviter un second tour LFI-RN. Sans oublier François Hollande, qui guette le moindre faux pas. Pour rassembler, il faudra convaincre avec des idées nouvelles. Le chemin est encore long.
Olivier Marino
