
Qu’ont pensé les partisans d’Édouard Philippe venu écouter le discours du candidat à l’élection présidentielle de 2027 ? Ambiance dans l’Adidas Arena de Paris qui a réuni plusieurs milliers de sympathisants, majoritairement des retraités, impatients d’écouter celui qui présenté comme le challenger favori pour battre le Rassemblement national tenait son premier grand meeting de campagne.
Drôle d’endroit pour un meeting… Coincée entre l’autoroute du nord et le boulevard périphérique, l’Adidas Aréna se présente comme « le nouveau temple parisien de la musique, du sport et de l’entertainment »…
Avec le meeting d’Édouard Philippe la salle, dimanche, s’est éloignée de ses bases en accueillant un public majoritairement composé de jeunes retraités venus écouter leur candidat à l’élection présidentielle. C’est le cas de Valérie et de Vincent qui, arrivés tout droit de Lille, n’ont même pas eu besoin de pénétrer dans Paris pour assister à l’évènement.
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“Clairvoyant, droit, sincère”
Pour eux c’est certain, le bon candidat pour incarner le centre, c’est lui. Vincent nous explique : “Je suis un ferme soutien d’Édouard Philippe car il porte le discours le plus clairvoyant. C’est lui qui est le plus droit, le plus sincère et c’est important de nos jours, la sincérité”. Le couple n’est pas sans ignorer que le candidat va devoir répondre à un certain nombre de griefs comme la retraite à 67 ans ? “Ça peut le faire perdre, reconnaissent-ils, mais c’est de la clairvoyance”. Les 80 km/heure ? Ils se mettent à rire et balayent d’un geste la question. Mais ce qui les inquiète vraiment, ce sont les ralliements. “Pour l’emporter, il va falloir séduire de Retailleau à Hollande”, souligne Vincent et de son point de vue, ce grand écart va être compliqué à réaliser.
“J’attends son slogan de campagne”
Un peu plus loin, profitant de la fraîcheur de la climatisation pour partager un en-cas, Virginie et Isabelle sont venues en curieuses “pour découvrir le programme du candidat”. Ses propositions sur les retraites ne les inquiètent pas, pas plus que les soupçons de favoritisme dont il est accusé dans sa ville du Havre. “Moi, j’attends son slogan de campagne”, nous assure Isabelle qui ajoute ” je suis aussi venue voir s’il a la stature d’un homme d’État, d’un présidentiable. Il faut qu’il arrive à m’emmener. Je viens voir s’il a du charisme ce qui est loin d’être toujours le cas. À la télé, il est parfois un peu laborieux”.
“Pas comptable du bilan de Macron”
À 77 ans, Loïc assiste à son premier meeting politique. Il veut se rendre compte “s’il y a un moyen d’éviter le RN et LFI”. Il n’a pas envie de voter pour Bruno Retailleau car il estime que “c’est l’extrême droite qui se cache”. Gérald Darmanin ? “C’est son frère ou son cousin”.
Gabriel Attal ? “Il va se faire emporter par lui”, assure-t-il en désignant la salle qui se remplie. Pour Loïc, les retraites ne seront pas un obstacle sur la route du candidat car “l’important c’est de faire campagne en disant la vérité”. Quant au boulet Macron, il ne devrait pas plomber le candidat car “il n’est comptable que du premier quinquennat qui n’a pas été une catastrophe comme le second”.
Alors que la salle de meeting commence à se remplir et la musique à déployer ses décibels, Juliette et Marie s’installent au dernier rang. Elles sont de tous les meetings car elles veulent comparer les programmes et la prestance des candidats. Féministe et écoanxieuse, Juliette se sent plutôt de gauche mais elle a apprécié l’implication d’Édouard Philippe lorsqu’il était à Matignon.
“Il est vraiment de droite”
Deux heures plus tard, pourtant, elle est loin d’être convaincue. “Il est vraiment de droite, il veut que les directeurs d’école deviennent des patrons”, regrette-t-elle. Édouard Philippe a en effet proposé de donner plus d’autonomie aux directeurs d’établissement. Il n’y a que sa proposition de développer le frêt ferroviaire qui a séduit les deux jeunes femmes. En revanche, lorsque nous croisons Virginie et Isabelle, elles sont rassurées : le candidat à la carrure. Elles sourient : “Il a même tenté de faire un peu d’humour mais sur l’histoire de France, il nous a perdues”.
On ne refait pas Édouard Philippe. Même dans une salle réservée à l’entertainment, la culture à sa place.
