
Ministre socialiste entre 1981 et 1986, Yvette Roudy est décédée ce mardi à Cabestany (Pyrénées-Orientales). Elle a notamment fait voter le remboursement de l’IVG et a laissé son nom à la loi de 1983 sur l’égalité professionnelle entre les hommes et les femmes.
Yvette Roudy, qui fut la première “ministre des Droits de la femme”, entre 1981 et 1986, est décédée ce mardi à Cabestany (Pyrénées-Orientales) à l’âge de 97 ans, a indiqué son neveu Jean-Pierre Saldou à l’AFP.
\u26ab\ufe0f Immense tristesse à l’annonce du décès d’Yvette Roudy. Emblématique ministre des droits des femmes sous Mitterrand, elle a porté des avancées historiques : remboursement de l’IVG, égalité professionnelle, parité.
Elle a contribué à changer durablement la vie des femmes. pic.twitter.com/A8ODnTBxJe
— Parti socialiste (@partisocialiste) August 18, 2026
Socialiste, Yvette Roudy fit voter le remboursement de l’IVG et laissa son nom à la loi de 1983 sur l’égalité professionnelle entre les hommes et les femmes. Elle est décédée ce mardi matin dans la résidence médicalisée où elle résidait depuis trois ans, a précisé M. Saldou.
Le féminisme dans l’hémicycle
Née en 1929 à Pessac, en Gironde, elle grandit dans un milieu ouvrier. À 17 ans, elle se retrouve contrainte de travailler comme dactylographe dans une conserverie de poisson, écrit l’Humanité. Son père l’interdit de poursuivre ses études après l’obtention de son certificat. “En vérité, c’est grâce à lui que je suis devenue féministe, je crois !”, confiera-t-elle plus tard. Partie en Écosse avec son mari, elle suit des cours par correspondance pour passer son baccalauréat. Elle passe l’épreuve en 1955 lors de son retour en France.
En 1973, elle rend public son avortement et figure parmi les 343 signataires du manifeste de Gisèle Halimi et Simone de Beauvoir. Élue au Parlement européen entre 1979 et 1981, elle initie la parution du “Manifeste pour la parité”, signé entre autres par Simone Veil, réclamant une stricte égalité hommes-femmes au sein des formations politiques, du Parlement et de l’exécutif. La même année, elle milite pour une prise en charge intégrale de l’IVG par l’Assurance maladie et lutte notamment contre François Mitterrand.
En 1983, elle fait voter la première législation consacrée à l’égalité professionnelle entre les sexes. Cette dernière a pour objectif de réduire diverses inégalités liées au genre : différences de rémunération, temps partiel très majoritairement féminin, et faible présence des femmes aux postes de direction.
Militante socialiste, ministre chargée des Droits des femmes sous François Mitterrand, Yvette Roudy a œuvré à de nombreux combats féministes tel que le remboursement de l’IVG par la Sécurité sociale, à l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes, en passant par… pic.twitter.com/P3UewLqUIq
— Michaël Delafosse – Maire de Montpellier (@MDelafosse) August 18, 2026
À l’annonce de sa mort, l’Assemblée des femmes, association qu’elle a elle-même créée, a salué “une très grande femme politique : le remboursement de l’IVG, la parité, l’égalité pro c’est elle.” Sur X, Michaël Delafosse a écrit : “À l’heure où les droits des femmes reculent dans de nombreuses régions du monde et où le masculinisme s’impose comme une idéologie, la mémoire de la vie et des combats d’Yvette Roudy doit nous inspirer pour le présent et pour l’avenir.”
