Marine Le Pen condamnée : pourquoi la cheffe de file du RN se pourvoit en cassation et annonce sa candidature à l’élection présidentielle



La cheffe de file du Rassemblement national a indiqué qu’elle allait se pourvoir en cassation. Elle se dit persuadée de ne pas avoir à faire campagne sous bracelet électronique.

Estimant qu’il n’y a “plus de scénario dans lequel je ne pourrais pas être candidate en 2027”, Marine Le Pen, a annoncé ⁠mardi sur TF1 qu’elle se pourvoyait en cassation après sa condamnation pour détournement ⁠de fonds ‌publics par la cour d’appel de Paris, et qu’elle restait donc candidate à l’élection ‌présidentielle de 2027.

Je considère que deux juridictions peuvent commettre une erreur”, a-t-elle déclaré lors du journal de TF1. “Je veux aller au bout des voies ⁠de recours qui ‌me sont offertes ⁠pour défendre mon ‌innocence dans ce dossier”, a-t-elle poursuivi.
“J’ai les mains propres et ⁠je ‌me pourvois en cassation pour le démontrer”, a renchéri la cheffe de file du Rassemblement national.

L’affaire des assistants parlementaires

Quelques heures plus tôt, Marine Le ‌Pen avait été condamnée (ainsi que le parti et l’ensemble des autres prévenus), en appel, à trois ans de prison, dont ‌un an ‌ferme aménageable sous surveillance électronique, et 45 mois d’inéligibilité dont 30 mois avec ‌sursis, dans l’affaire ‌des assistants parlementaires du Front national (devenu depuis le Rassemblement national).

Une fois ce délibéré prononcé, il était alors acquis qu’elle pouvait ⁠théoriquement se présenter à l’élection présidentielle de 2027 mais avec un bracelet électronique.

“Je considère que nous sommes innocents des faits qui nous sont reprochés”, a-t-elle pourtant ensuite affirmé, se disant persuadée qu’elle n’aurait par à faire campagne sous bracelet électronique.

“Ticket gagnant” ?

Reconnaissant s’être trompée après avoir prédit qu’elle serait relaxée en appel, elle a cette fois concédé face à Gilles Bouleau, le journaliste de TF1 qui l’interrogeait : “Espérons que la Cour de cassation ne se trompe pas “, a-t-elle conclu. Après avoir confirmé qu’elle formerait pendant cette campagne électorale pour l’élection présidentielle « un binôme » avec Jordan Bardella : “Nous avons les solutions. […] C’est un ticket gagnant”, assurant qu’il serait son Premier ministre si elle était élue présidente de la République.

Les principales peines prononcées

Marine Le Pen a été condamnée mardi en appel à trois ans de prison, dont un an ferme aménageable sous surveillance électronique, 45 mois d’inéligibilité dont 30 avec sursis, et 100 000 € d’amende.

Le parti lui-même a été condamné en tant que personne morale à deux millions d’euros d’amende, dont un million avec sursis, et à la confiscation d’un million d’euros déjà saisis.

Quant au maire de Perpignan Louis Aliot, il a été condamné à un an de prison avec sursis, 5 000 euros d’amende et deux ans d’inéligibilité avec sursis. Il reste donc maire de Perpignan et président de l’agglomération.

“J’ai été heureuse qu’on rende aux Français leur liberté de voter”, a-t-elle aussi dit à propos ⁠du jugement prononcé en appel. “Les Français seront juges car ils vont avoir la liberté de choisir, ce qui jusqu’ici n’était pas le cas.”

Du côté de ses adversaires à la prochaine campagne électorale, rapidement, les réactions pleuvaient. Edouard Philippe (Horizons), a estimé que Marine Le Pen ayant dit par le passé “tout le mépris qu’elle portait à celles et ceux qui avaient pu avoir maille à partir avec la justice”, son choix de se porter candidate constitue un “nouveau reniement”. Elle devra “l’expliquer aux Françaises et aux Français qui trancheront”, ajoutait-il.

“Une délinquante”

“Il y a une dimension morale dans cette situation à se présenter, alors même qu’on a été condamnée”, a constaté Gabriel Attal : “Moi, j’appartiens à une nouvelle génération politique pour qui l’exemplarité, la probité, c’est probablement les valeurs les plus importantes”.

Le secrétaire général des Républicains, Othman Nasrou, a de son côté ccusé Marine Le Pen de “prendre la démocratie en otage”, et de “fragiliser les institutions”.
À gauche, le patron des députés du Parti Socialiste, Boris Vallaud, après avoir pris connaissance de la condamnation de Marine Le Pen, avait déclaré : “C’est à elle de savoir si quand on est une délinquante, on se présente aux électeurs.”



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