Installée ce lundi à Alès (Gard), Lucie Roesch prend ses fonctions alors que l’enquête sur les menaces visant Christophe Rivenq est suivie par le parquet national anticriminalité organisée (PNACO). La nouvelle sous-préfète veut conjuguer sécurité, prévention et développement du territoire.
Un dépôt de gerbe au monument aux Morts, au jardin du Bosquet, devant un important parterre d’élus, puis une première conférence de presse. Lucie Roesch a officiellement pris ses fonctions de sous-préfète de l’arrondissement d’Alès, ce lundi 27 juillet. Nommée par décret du président de la République le 2 juillet, elle arrive dans un territoire dont l’actualité récente a été brutalement dominée par les menaces visant le maire d’Alès, Christophe Rivenq.
Le dossier, désormais suivi par le parquet national anticriminalité organisée (Pnaco), reste au cœur des préoccupations. Les enquêteurs ont notamment intégré à leurs investigations la vidéo diffusée mercredi soir, dans laquelle six hommes encagoulés, se présentant comme membres de la “DZ Mafia”, contestent toute implication dans les menaces. Une prise de parole dont l’authenticité et la portée restent à établir : elle ne permet, à ce stade, ni d’identifier avec certitude ses auteurs ni de confirmer qu’ils s’expriment au nom de cette organisation.
Le contexte n’a pas échappé à la nouvelle représentante de l’État. “Les menaces qui ont touché le maire d’Alès ont, je crois, touché et choqué la France entière”, estime-t-elle. Avant même sa prise de fonctions, Lucie Roesch avait échangé avec Christophe Rivenq et lui a renouvelé lundi “tout mon soutien dans cette période”. Elle entend surtout poursuivre la mobilisation déjà engagée. Police nationale, police municipale, justice et collectivités travaillent de concert sur les questions d’ordre public et de lutte contre les trafics. “Les services vont continuer à travailler encore plus dur”, assure-t-elle, tout en saluant les résultats déjà obtenus à Alès. La sous-préfète doit également aller à la rencontre des forces de l’ordre mobilisées et des renforts CRS déployés sur le territoire.
“Il serait dommage de réduire l’actualité d’Alès à cette situation”
Pour autant, Lucie Roesch refuse que sa prise de fonctions soit résumée à la seule question du narcotrafic. “Il serait dommage de réduire l’actualité d’Alès à cette situation”, insiste-t-elle. Derrière le dossier sécuritaire, elle veut rapidement s’attaquer aux autres réalités de l’arrondissement : développement économique, emploi, pauvreté, éducation, culture et accès aux services publics.

La nouvelle sous-préfète entend notamment inscrire la réponse aux trafics dans une politique plus large d’aménagement urbain, de renouvellement urbain et de soutien à la jeunesse. À 33 ans, Lucie Roesch arrive avec déjà dix années dans la fonction publique d’État. À l’été 2022, elle est devenue secrétaire générale de la préfecture de l’Aude et sous-préfète de Carcassonne, fonction qu’elle a exercée pendant quatre ans. Elle dit arriver à Alès avec “beaucoup de joie” et une réelle curiosité pour une région qu’elle connaît peu. L’histoire industrielle, l’identité du territoire, mais aussi la diversité des situations, entre entreprises, ruralité, pauvreté et accès aux services publics, l’ont attirée.

Autre dossier sensible : les risques naturels. Forte de son expérience dans l’Aude, elle entend rester particulièrement vigilante face au risque incendie, mais aussi aux épisodes méditerranéens et aux pluies intenses. “En matière de gestion de crise, il faut toujours faire preuve de beaucoup de modestie et, en tout cas, toujours être prêt”, prévient-elle.
Ses premières semaines seront consacrées aux rencontres et à la découverte du terrain. Élus, parlementaires, forces de l’ordre, magistrats, entreprises et associations figurent déjà sur son agenda. Elle veut comprendre où l’État est attendu et où son intervention peut apporter une véritable plus-value. Une méthode qu’elle résume en quelques mots : “J’ai vocation à passer peu de temps dans mon bureau et surtout à aller au contact.” Une promesse qui prendra rapidement tout son sens dans un arrondissement où les dossiers ne manquent pas.
