
Jeudi 18 juin, une banderole aux relents homophobes et racistes a été affichée dans une salle du conseil départemental du Gard, à Nîmes. Sa présidente a fait depuis un signalement au procureur de la République.
C’est une grande banderole comme on peut en voir lors des piquets de grève. Mais pour certains spectateurs présents le jour de son affichage, celle-ci devrait rester un bon bout de temps dans les mémoires pour son niveau de poésie : “Politicards et hiérarchie, allez tous vous faire e****** (voir). Vacations imposées, non merci bwana. Y’a pas consentement !” Entre deux lignes est aussi écrit le doux mot de “fellations”.
Conflit social qui perd son sang-froid ?
Cette grande banderole a fait son apparition jeudi 18 juin à l’occasion d’une réunion du comité social territorial (CST) du Département du Gard. Le même jour, le syndicat CGT avait lancé un appel à manifester suite à un préavis de grève posé jusqu’au 10 juillet prochain. Les fonctionnaires grévistes se sont donné rendez-vous devant les locaux du Département, rue Guillemette à Nîmes, dans la matinée du 18 juin. Après l’avoir déroulée une fois en extérieur, des manifestants ont affiché la banderole dans la salle de réunion du CST.
L’action a provoqué l’indignation et la colère de Christophe Serre, le premier adjoint du conseil départemental, qui a dans la foulée suspendu la séance du jour. “En 30 ans de carrière, je n’avais jamais vu une banderole comme celle-là”, confie-t-il jeudi 25 juin. Une semaine après les faits, l’élu reste remonté : “Ce qui a été écrit est inadmissible pour des fonctionnaires. Je veux bien entendre la contestation, mais pas les insultes ni les sous-entendus” qui véhiculent pour lui des relents homophobes et racistes. De quoi justifier une alerte lancée au procureur de la République au titre de l’article 40 du code de procédure pénale : “Nous en avons alerté le parquet, c’est à lui de dire maintenant si ces actes méritent des poursuites pénales”, confirme Christophe Serre.
Mais qui est vraiment responsable de la banderole ?
Qui est le premier responsable ? Sans doute la personne qui a écrit ces mots, “un fonctionnaire que l’on a identifié mais qui n’est pas syndiqué”, indiquent les représentants de la CGT. Le syndicat, qui regrette “les propos injurieux”, se désolidarise, “il n’y a pas marqué CGT sur la banderole”. Mais il reconnaît aussi une erreur : “Le jour des faits, on était plus préoccupés par la possibilité de rentrer dans la salle du CST que de vérifier ce qui avait été écrit par les manifestants.” Mais les syndiquées dénoncent les accusations de racisme et d’homophobie à leur encontre.
Pour Christophe Serre, l’avis est bien moins nuancé, et la responsabilité de la CGT ne fait aucun doute : “On a vu deux personnes avec des gilets jaunes aux logos de la CGT qui tenaient la banderole. Ils ont voulu organiser une grève, maintenant qu’ils l’assument.” Une grève qui, selon ce dernier, n’est plus suivie en interne depuis quelques jours.
Des horaires d’été au centre de la tension
En parallèle, les raisons qui ont poussé à cette mobilisation sociale posent aussi question. Deux motifs sont mis en avant par la CGT : une réorganisation “sans concertations”, des services RH de la direction sociale, mais aussi, et surtout, la généralisation d’horaires estivaux pour les salariés travaillant en extérieur. Du 6 juillet au 15 août, le Département souhaite “expérimenter” des horaires commençant plus tôt en raison des fortes chaleurs : 6 h/13 h 42 au lieu de 7 h 30/midi et 13 h/16 h 30. La CGT veut, sur ce volet, que ces horaires soient soumis au volontariat des travailleurs. Christophe Serre, lui, se dit surpris : “C’est un test qui va dans le bon sens : avec ces fortes chaleurs, il en va de la sécurité des agents.”
Cependant, ces horaires devraient être la norme pour cette tranche de période estivale. Depuis la banderole du 18 juin, aucun dialogue n’a été relancé entre le syndicat et la présidence du Département.
