Entre soutien discret et inquiétude, pourquoi les politiques restent perplexes face à un éventuel retour des “gilets jaunes”



En raison notamment de la hausse du prix des carburants, des appels à manifester le 17 octobre circulent depuis plusieurs jours sur les réseaux sociaux. Dans un contexte de campagne pour l’élection présidentielle, nos politiques, de Rhany Slimane à Christian Assaf en passant par Laurent Nuñez ou Laurent Burgoa, semblent pour l’instant partagés, entre inquiétude, discrétion et soutien parfois affiché.

Depuis quelques jours les réseaux sociaux bruissent d’un retour des “gilets jaunes”, avec une éventuelle journée d’action fixée au samedi 17 octobre. Or, le premier mouvement des “gilets jaunes” avait, a minima, surpris le personnel politique, tous partis confondus, quand ces derniers n’étaient pas complètement dépassés. Voire conspués lorsqu’ils essayaient de rallier la cause des manifestants ou de les rejoindre sur un cortège ou un rond-point.

Ce qui n’a pas empêché ce week-end plusieurs responsables politiques de s’emparer du sujet. Notamment du côté de la fête de L’Humanité, où Fabien Roussel, secrétaire national du Parti communiste et candidat déclaré à l’élection présidentielle a, sans ambages, appelé à la mobilisation ”si le gouvernement n’agit pas dans les jours qui viennent”.

Un appel qu’il fut le seul à lancer, tant, dans les rangs des autres formations, on semble rester perplexe, partagé entre inquiétude, discrétion et soutien parfois affiché, face à la possibilité d’une relance du mouvement. Surtout dans un contexte de campagne pour l’élection présidentielle, qui, elle, pourrait permettre aux mécontentements de s’exprimer dans les urnes.

“Au peuple de décider”

Certains, à la gauche de la gauche, n’ont d’ailleurs pas hésité à fustiger la position de Fabien Roussel. Tel Rhany Slimane, conseiller municipal et métropolitain montpelliérain de La France insoumise : “Je trouve un peu ridicule son discours à la fête de l’Huma. C’est au peuple de décider, par lui-même. Après, si des organisations populaires se forment, on sera à leur service. Mais on ne se servira pas”, formulait ce lundi celui qui rappelait : “En 2018, j’étais moi-même “gilet jaune”.”

À gauche toujours, le sujet peut parfois diviser jusqu’au sein du même parti. Au parti socialiste par exemple. Où le premier secrétaire, Olivier Faure, a assuré, dimanche sur BFMTV, qu’il ne serait pas “celui qui conduit le mouvement social”. Avant d’ajouter : “Mais s’ils se soulèvent […] je serai à leurs côtés”. Un point de vue pas partagé par Christian Assaf, qui préside le groupe socialiste au conseil régional d’Occitanie : “Il y a des propositions concrètes à formuler sur la question du pouvoir d’achat. Et ça se réglera dans le cadre de l’élection présidentielle, pas sur les ronds-points lors d’un soulèvement populaire, qui se terminera, au mieux, par des états généraux.”

La prudence de mise

De l’autre côté de l’échiquier politique la prudence reste de mise. À l’extrême droite, si le député RN Jean-Philippe Tanguy, a affirmé, lundi sur TF1, en évoquant les “gilets jaunes”, qu’il “serait toujours à leurs côtés”, sa collègue députée Laure Lavalette, a, elle, indiqué sur franceinfo, que “se mobiliser c’est bien, mais voter c’est mieux”. Chez les Républicains, même pas de deux. Le candidat à la présidentielle Bruno Retailleau, assurait “comprendre leur colère”, mais disait ne pas encourager “la violence”.

Alors que le sénateur LR du Gard Laurent Burgoa, considérait que c’était au gouvernement d’“entendre cette colère qui gagne le pays, sur le prix des carburants avant tout. Car il ne faudrait pas grand-chose pour que ça explose”. Dans le bloc central, discrétion là aussi. Dimanche, sur France2, Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur, convenait : “On verra… Effectivement, un certain nombre d’appels circulent sur les réseaux sociaux pour appeler à manifester sur la voie publique.” Avant de s’affirmer “toujours très serein” face aux “mouvements de rue”.



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