
À Brissac, la délégation spéciale chargée d’administrer provisoirement la commune avant les élections municipales des 4 et 11 octobre va déjà être remaniée. Saisie par l’opposition, la préfecture de l’Hérault a décidé de remplacer l’un de ses membres.
À peine installée, la délégation spéciale chargée d’administrer provisoirement la commune de Brissac (630 habitants) va déjà connaître un remaniement.
Nommée le 17 juillet, la délégation spéciale va être recomposée
Des élections municipales annulées en mars
Pour rappel, le tribunal administratif de Montpellier a annulé les élections municipales de Brissac du 15 mars 2026. Le scrutin s’est joué à une seule voix d’écart, la liste de Gilbert Arnal l’emportant avec 199 voix contre 198 pour celle de Nathalie Rabou. Cette dernière sollicitera l’annulation des résultats, faisant notamment valoir des irrégularités concernant des procurations et un nombre d’enveloppes supérieur d’une unité au nombre de signatures figurant sur la liste d’émargement.
Suite à l’annulation des élections en mars dernier, la préfète de l’Hérault a nommé, ce 17 juillet, une délégation spéciale chargée d’assurer la gestion des affaires courantes de la commune jusqu’aux nouvelles élections prévues les 4 et 11 octobre. Sa mission se limite “aux actes de pure administration conservatoire et urgente”.
Selon l’arrêté préfectoral, cette délégation est composée de Jacques Sabbah et Didier Alric, tous deux retraités de la fonction publique d’État, ainsi que de Gilbert Causse, retraité de la fonction publique territoriale.
Mais cette composition n’aura été que de courte durée. La préfecture de l’Hérault a confirmé ce matin qu’une nouvelle délégation spéciale allait être désignée et “devrait entrer en fonction le 27 juillet”, selon Nathalie Rabou, figure de l’opposition.
En cause : la présence de Gilbert Causse parmi les membres de l’instance provisoire. “J’ai d’abord cru à une blague, mais la préfecture m’a entendue”, souffle Nathalie Rabou.
Ancien directeur général des services (DGS), celui-ci est également le frère de Jean-Louis Causse, ancien adjoint aux travaux de la commune.
Une situation jugée incompatible avec l’exigence de neutralité par l’opposition municipale. “Cela peut créer des problèmes de conflit d’intérêt, d’où notre recours”, explique Nathalie Rabou.
Gilbert Arnal ayant été élu dès le premier tour, avec 50,13 % des voix, “nous n’avons déjà pas pu revoter le 22 mars, au second tour, malgré les anomalies que nous avions signalées, c’est une première injustice. On ne s’est pas laissé faire, en faisant valoir la démocratie. Personne n’est au-dessus des lois”, indique la future candidate aux élections d’octobre, qu’elle espère placer sous le signe du rassemblement.
La préfecture reconnaît elle aussi cette difficulté. “Effectivement, les liens de parenté posent un problème de neutralité. Une autre personne disposant d’une expérience administrative, issue de la préfecture, d’une sous-préfecture ou d’une autre administration, sera prochainement désignée”, indique-t-elle.
La nouvelle composition de la délégation spéciale devrait être officialisée dans les prochains jours.
De son côté Gilbert Arnal, ancien maire et les conseillers municipaux ont “rendu les clés”, indique-t-on en mairie.
Ex adjointe chargée des festivités et des affaires sociales, Nathalie Rabou regrette que l’absence de conseil municipal ait conduit “à l’annulation des festivités communales”.
Mais la démocratie avant tout, dans cette commune où les annulations vont bon train.
