Démolition de la délabrée Cité biterroise : la convention avec Promologis ne convainc pas tous les élus de l’Agglo



La Cité biterroise, à deux pas du palais de justice de Béziers, dans le quartier de l’Hours, doit faire l’objet d’une vaste opération de démolition-reconstruction opérée par Promologis, un bailleur toulousain. Un dossier ancien qui semble se concrétiser. Non sans susciter quelques remarques de la part de Gérard Abella, le maire de Boujan-sur-Libron, lors du conseil d’Agglo qui s’est déroulé ce mardi 30 juin.

Que retenir du conseil d’Agglo Béziers qui s’est déroulé ce mardi 30 juin, à Villeneuve-lès-Béziers ? D’abord que pour égrener les 100 points à l’ordre du jour, les élus n’ont pas traîné ! Un dossier a toutefois suscité quelques débats, de la part d’un conseiller qui d’ordinaire s’exprimait peu…

À deux pas du palais de justice de Béziers, la cité biterroise est une copropriété datant des années 50, répartie en trois bâtiments, représentant 78 logements, et qui aujourd’hui se trouve dans un état de fragilité et de délabrement propices à l’insécurité et à la délinquance. Ce mardi, le conseil d’Agglo a validé une convention avec la société Promologis pour une opération de démolition-reconstruction qui prévoit 70 logements dont la livraison est prévue au premier semestre 2030. Pour cela, l’Agglo s’engage à verser une aide de 2,56 millions d’euros. Promologis engagera le même montant et sollicitera aussi des aides financières du dispositif Action logement…

“Pourquoi la Ville de Béziers est-elle absente du plan de financement ?

Mais Gérard Abella, le maire de Boujan-sur-Libron, désormais exclu de la majorité de Robert Ménard au sein de cette assemblée communautaire, a tenu à émettre trois objections sur ce dossier et a demandé le renvoi de la délibération : “D’abord, cette délibération n’est pas conforme à notre propre règlement financier. Les autres bailleurs, hors OPH Béziers Méditerranée, ne bénéficient plus de subventions sur les fonds propres de l’Agglo. Accorder 2,56 millions à Promologis, un autre bailleur de Toulouse contrevient directement à ce texte (récent), souligne-t-il. Si on souhaite s’en écarter, il faut l’abroger ou l’amender…” Le maire de Boujan alerte aussi sur la nécessité de prendre en compte le prix des diagnostics plomb, amiante et l’éventuel désamiantage, et sur le risque de surcoût pour la collectivité. Et de demander : “Pourquoi la Ville de Béziers est-elle absente du plan de financement ?” “Ce n’est pas une obstruction, ajoute-t-il encore, comme pour préciser sa démarche, c’est l’exercice normal du contrôle démocratique.”

Daniel Ballester, le maire de Valras, qui présentait la délibération au conseil, visiblement au fait de ces remarques, avait préparé quelques réponses. Il a notamment expliqué comment la préfète a pris un arrêté de cessibilité au profit de l’Agglomération et que la Ville de Béziers n’aurait pas pu obtenir cet arrêté. Il a aussi rappelé le rôle de Promologis, engagé sur ce projet dès 2022, et les fonds exceptionnels qu’il allait pouvoir mobiliser auprès d’Action Logement…

La convention a été adoptée sans davantage de commentaires, avec toutefois 14 abstentions.



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