
Le gouvernement va prolonger l’aide carburant de 100 euros pour les “gros rouleurs” au-delà du 30 septembre, a annoncé vendredi le ministre de l’Économie. Déjà sollicité par 1,5 million d’actifs modestes, ce dispositif cible les Français effectuant plus de 30 km par jour pour aller travailler.
Bonne nouvelle pour les automobilistes. L’aide gouvernementale sur les carburants ciblée sur les “gros rouleurs”, initialement prévue jusqu’au 30 septembre, ne “s’arrêtera pas” à cette date, a indiqué vendredi 18 septembre le ministre du Commerce Serge Papin sur TF1. “Nous nous réunissons lundi autour du Premier ministre pour prolonger les aides” et pour réfléchir aux modalités de ce dispositif auquel 1,5 million de Français ont pour l’heure recouru, a poursuivi Serge Papin.
Prix des carburants : “L’aide aux gros rouleurs en tant que telle ne s’arrêtera pas au 30 septembre”, @SergePapin_rf qui annonce dans #BonjourLaMatinaleTF1 une réunion lundi à ce sujet pic.twitter.com/AZbfrjWkts
— TF1Info (@TF1Info) September 18, 2026
Alors que les prix à la pompe atteignent des records, plusieurs voix s’élèvent pour demander la suspension de la collecte, voire la suppression des certificats d’économie d’énergie (CEE). Interrogé sur la question, le ministre a botté en touche : “On ne peut pas changer, du jour au lendemain dire ‘on arrête les CEE’ […] Ce sont des contrats qui sont engagés […] C’est démago de dire ça”, estime-t-il.
Ce dispositif créé en 2005 oblige les fournisseurs d’énergie ainsi que les distributeurs de carburants à promouvoir la transition énergétique en échange de CEE. Or, selon l’association 40 millions d’automobilistes, les fournisseurs répercutent les coûts de ces investissements sur le prix payé par les consommateurs. La Cour des comptes a fait le calcul : dans un rapport publié en 2024, elle estimait que chaque ménage avait contribué aux certificats à hauteur de 164 euros en moyenne en 2023 en réglant des factures d’énergie et en payant son carburant.
“On le reconnaît, c’est difficile aujourd’hui”
En quête de 30 milliards d’économies pour son prochain budget et se serrant au maximum la ceinture pour boucler celui de 2026, le gouvernement n’a guère de marge de manœuvre pour endiguer la colère sociale qui grandit dans l’Hexagone en partie due à la montée des prix des carburants.
Pas question de se laisser déborder pour autant. D’autant que l’exécutif est soucieux de ne pas se retrouver confronté à des accès de colère incontrôlés, réminiscences d’un mouvement des Gilets jaunes que le pouvoir macroniste n’avait pas vu venir en 2018. Le gouvernement “entend l’inquiétude des Françaises et des Français” concernant la flambée des prix des carburants, a assuré le ministre de l’Économie Roland Lescure dans un entretien accordé dans la soirée du jeudi 17 septembre à l’Agence France-Presse (AFP).
“Nous accompagnons au mieux les Françaises et les Français qui souffrent. On le reconnaît, c’est difficile aujourd’hui, c’est difficile de faire le plein, c’est difficile de prendre sa voiture pour aller travailler et on les aide“, a ajouté le ministre, alors que la hausse des prix à la pompe a alimenté des appels à manifester. “Mais aujourd’hui j’entends plus de l’inquiétude que la colère“, a-t-il poursuivi.
Qui peut percevoir l’aide aux “gros rouleurs” ?
L’aide aux “gros rouleurs” est une indemnité carburant exceptionnelle de 100 € destinée aux actifs modestes contraints de réaliser de longues distances à moto ou en voiture pour aller travailler. Il faut ainsi effectuer plus de 15 kilomètres entre son domicile et son lieu de travail, soit plus de 30 kilomètres aller-retour, ou parcourir plus de 8 000 kilomètres par an dans un cadre professionnel.
Le demandeur doit être domicilié fiscalement en France et avoir au moins 16 ans au 31 décembre 2024. Son revenu fiscal de référence par part ne doit pas dépasser 16 880 euros pour une personne seule ou 3 771 euros pour un couple avec un enfant. Les salariés au Smic sont donc concernés par cette aide.
Il doit aussi avoir perçu des revenus d’activité en 2024, qu’il soit salarié, indépendant, artisan, commerçant ou agriculteur. Les allocations chômage et préretraites ne sont pas prises en compte, détaille le site du ministère de l’Économie.
