“Armer la police municipale, c’est créer une milice du maire” : le NPA s’oppose à la mesure de Christophe Saint-Pierre



Annoncé par le maire de Millau, Christophe Saint-Pierre, l’armement de la police municipale continue de faire réagir. Le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) dénonce une mesure qu’il juge inadaptée à la ville et s’inquiète de ses conséquences.

Une semaine après l’annonce de l’armement de la police municipale par le maire de Millau, Christophe Saint-Pierre, le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) est monté au créneau. Si cette mesure figurait dans le programme de la majorité municipale, le parti estime qu’elle ne répond pas aux besoins de la commune.

“On n’est pas à Chicago non plus”

Le NPA juge par ailleurs que l’armement de la police municipale est disproportionné pour une ville comme Millau. “Il sacrifie le dialogue social. Cela va amener des conflits. Il y a certainement de la délinquance à Millau, mais on n’est pas à Chicago non plus“, affirme Iñaki Aranceta, membre du NPA. “L’argent serait mieux dépensé pour former des agents et mieux prendre en charge les plaintes des femmes et des enfants“, estime-t-il.

Les membres du parti rappellent que la vocation première de la police municipale est, selon eux, d’assurer une mission de proximité. “Ils s’occupent des conflits de voisinage, font de la médiation, qu’il y ait une discussion d’égal à égal. Si tu armes un type, ce n’est pas pour qu’il te dise bonjour. Aujourd’hui, armer la police municipale, c’est créer une milice du maire“, poursuit Iñaki Aranceta.

Selon lui, cette annonce vise également à séduire un nouvel électorat. “Il est possible que Christophe Saint-Pierre cherche à attirer des voix plus à droite que lui. Il a forcément dû en séduire en remportant les élections dès le premier tour“, confie-t-il.

Le NPA met aussi en avant le coût de cette mesure, rappelant qu’elle implique l’achat des armes, des munitions, la formation des agents ainsi que leur remplacement pendant les périodes de formation.

Le NPA craint des dérives

Les membres du parti redoutent également les conséquences d’un recours aux armes. “Si un blessé ou un mort est à déplorer, ce sera la responsabilité du maire. En 2026, 49 personnes ont été tuées par la police en France, 66 en 2025, et plus de 850 depuis 2017, alors qu’il s’agit de policiers déjà formés au port d’armes. Là, on donne des armes à des personnes formées en quelques jours. Elles ne sont pas armées pour dresser des PV, mais pour accomplir un travail qui n’est pas le leur“, estime Iñaki Aranceta.

Une inquiétude qui grandit au vu de la proposition de loi visant à instaurer une présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre, qui doit être examinée par l’Assemblée nationale le 7 juillet. Selon le NPA, ce texte modifierait l’équilibre actuel en matière de preuve lors des enquêtes ouvertes après un usage d’une arme.

Christophe Saint-Pierre assume son choix

Face à ces critiques, Christophe Saint-Pierre a réaffirmé sa position lors du dernier conseil municipal. Le maire rappelle que la prévention demeure un axe important de la politique municipale, notamment grâce au travail mené avec le tissu associatif et les acteurs de terrain.

C’est une priorité. Je souhaite renforcer la présence de la police municipale sur le terrain et la mettre davantage au contact de la population. Cette proximité les expose davantage et il est de mon devoir d’assurer leur protection en leur donnant les moyens nécessaires à leur légitime défense“, a-t-il déclaré, évoquant les agressions dont sont victimes les forces de l’ordre.

Le NPA assure rester ouvert au dialogue avec Christophe Saint-Pierre. Mais, à ce stade, les deux parties campent sur leurs positions. La procédure d’armement de la police municipale est, quant à elle, engagée et attend désormais la validation des services de l’État.



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