
Ce mardi 7 juillet, en conseil municipal, le partenariat noué par la Ville de Béziers avec le Canon français, pour l’organisation de son troisième banquet aux arènes, en septembre prochain, a fait l’objet de vives critiques de la part de l’élue d’opposition Catherine Vandroy. La collectivité doit-elle soutenir cette société privée rachetée par le milliardaire ultra-conservateur Pierre-Edouard Stérin ? C’est notamment la question qu’elle pose.
84 dossiers à l’ordre du jour. Une séance d’1 h 20 menée tambour battant. Une température suffocante. Une opposition – le groupe Rassembler Béziers pour l’essentiel – qui entend ne rien lâcher. Et, au final, des débats réduits à la portion congrue. Voilà quelques-uns des ingrédients qui ont caractérisé la séance du conseil municipal de Béziers, qui s’est déroulée ce mardi 7 juillet.
Au fil des dossiers égrenés, il est un sujet qui a suscité une intervention particulièrement nourrie de l’élue d’opposition Catherine Vandroy (Rassembler Béziers). Il faut dire que la délibération portait sur la troisième édition du polémique banquet du Canon français, qui sera organisée le samedi 19 septembre prochain, aux arènes. La Ville de Béziers s’associe en effet à l’événement, organisé par la société le Canon français, rachetée par le milliardaire ultra-conservateur Pierre-Edouard Stérin, à travers une convention de partenariat formalisée. À ce titre, la municipalité prêtera gracieusement des matériels logistiques (225 tables, 1 700 chaises, 500 barrières, 12 containers) le 19 septembre ainsi que le 18 septembre…
Un “intérêt local manifeste”
Puisque la première date étant complète, les inscriptions à un second banquet géant, le vendredi 18 septembre, ont été ouvertes. Par ailleurs, la commune s’est engagée à prendre en charge les moyens de sécurité nécessaires (uniquement pour la journée du 19 septembre cette fois). Cet accompagnement est justifié par “l’intérêt local manifeste de cet événement qui participe à la valorisation du patrimoine biterrois, contribue à l’attractivité touristique de la ville et valorise les produits locaux”, est-il indiqué dans la délibération. Il s’agit de “faciliter la tenue d’un événement culturel à destination du grand public.” En contrepartie, le Canon français doit délivrer 50 invitations pour chaque banquet.
“Un dîner à 80 € peut-il être qualifié d’événement culturel grand
public ?”
Sauf que le caractère supposé populaire de la manifestation a fait réagir Catherine Vandroy. “Le ticket d’entrée s’élève à près de 80 €. Comment peut-on parler d’événement culturel grand public ? Béziers est une des villes les plus pauvres de France, où près de la moitié des enfants vit sous le seuil de pauvreté. A l’heure où la plupart de nos concitoyens n’ont plus les moyens de remplir leurs chariots, croyez-vous qu’un dîner à 80 €, dont les recettes visent à remplir les poches d’un milliardaire qui refuse de payer ses impôts en France, puisse être qualifié d’événement culturel grand public ? a demandé l’élue. N’est-il pas déplacé que la Ville de Béziers mobilise des moyens pour soutenir ce genre d’initiative ?”, a-t-elle ajouté, avant de rappeler les débordements, violences, propos racistes et xénophobes survenus en marge du banquet organisé à Caen…
“Vous n’aviez pas besoin de boire pour tenir des propos antisémites”
Le maire Robert Ménard, agacé, réaffirmait : “J’aime le Canon français.” Et décidait de contre-attaquer violemment sur un tout autre terrain. Ainsi, en réponse “aux propos inacceptables de gens qui avaient bu”, il exhumait des paroles de l’élue en conseil municipal remontant à son premier mandat – durant lequel elle était déjà dans l’opposition – et l’accusait d’antisémitisme : “Vous n’aviez pas besoin de boire pour tenir des propos antisémites”, lâchait Robert Ménard, ce mardi soir.
Et d’enchaîner, toujours sur le registre politique : “Sur le prix, combien coûte l’entrée à la fête de l’Huma ? (Pour information 55 € à 70 € le pass trois jours, 25 € le “billet nuit” 22 h 30-1 h, NDLR). Oui les Biterrois aiment cette fête, alors non seulement, on autorisera cette fête mais je me rendrai pour la troisième fois au Canon français parce que, contrairement à vous, je suis attaché aux libertés.”
Le groupe d’opposition Rassembler Béziers votait contre. À l’issue de conseil, Catherine Vandroy qualifiait l’attaque de Robert Ménard de “pure vilénie”. Et décidait de ne la considérer qu’avec “mépris”.
Les 18 et 19 septembre, Béziers bénéficiera d’une double dose du Canon français. À chaque édition, plus de 1 500 convives, venus du Biterrois mais aussi de beaucoup plus loin, se pressent dans les arènes pour faire ripaille.
On a aussi appris…
Une convention entre le Centre de police jeunes municipal et le centre de loisirs jeunes de la Police nationale
Le Centre de police jeunes de la Ville de Béziers et le centre de loisirs jeunes de la Police nationale se rapprochent à travers une convention de partenariat. Objectif : des actions conjointes à destination des jeunes âgés de 9 à 17 ans et une coordination étroite entre la police municipale, les médiateurs et la police nationale à des fins de prévention et de cohésion sociale. Les équipes partageront un local, place Garibaldi.
Le musée Fayet gratuit le premier dimanche de chaque mois
De juillet à octobre, le musée Fayet sera gratuit le premier dimanche de chaque mois. “Il s’agit de se mettre au même niveau que les autres musées de France, a indiqué Elisabeth Pissarro, adjointe déléguée à la culture. Ça a commencé dimanche dernier.
582 caméras de vidéosurveillance
Une nouvelle caméra de vidéosurveillance va être installée au 12 rue Ermengaud. Cela porte le nombre de caméras installées à Béziers à 582, a souligné Robert Ménard.
Des plants offerts par la Ville
La Ville de Béziers va adhérer à l’association “Plante et cité” qui est parrainée par l’Association des maires de France et met à disposition des ressources techniques et scientifiques pour une gestion durable des espaces verts. “La Ville remettra des plants. C’était une très bonne idée de Thierry Antoine (candidat écologiste aux municipales)”, a rappelé Robert Ménard.
Un nouveau centre de soins au sein de la maison médicale de garde
La Ville de Béziers a voté une subvention exceptionnelle de 10 000 € pour aider au fonctionnement d’un nouveau centre de soins non programmés qui doit voir le jour au sein de la maison médicale de garde (située sur le site de l’hôpital), début août en principe. Ce projet est porté par l’association Centre Territorial Médical du Biterrois et mobilise 29 médecins généralistes prêts à assurer un roulement pour que ce centre fonctionne du lundi au vendredi en journée (quand la maison médicale de garde n’est ouverte qu’à partir de 20 h et le week-end). Attention, il faudra passer par la régulation du 15 pour être dirigé vers ce centre, a-t-il été précisé en conseil municipal.
Le film “L’abandon”, sur les derniers jours de Samuel Paty, sera projeté aux collégiens de 4e
Dans le cadre du label Cité éducative et grâce aux financements qui vont avec, les 900 collégiens de 4e pourront assister à la projection, l’an prochain, du film L’abandon, sur les derniers jours de Samuel Paty.
Sur la canicule et l’adaptation aux changements climatiques : “Ça ne se fait pas en un claquement de doigts”
Dans l’opposition, au détour d’un dossier, Thierry Mathieu a questionné la majorité sur l’existence d’un plan d’adaptation de la ville aux contraintes climatiques fortes. Robert Ménard a rappelé l’installation de la climatisation dans une salle de toutes les écoles maternelles, les contacts du CCAS avec les personnes fragiles et le souhait de continuer à planter des arbres. En revanche “on ne fera pas la climatisation partout, car ça a un coût faramineux. On essaie donc de trouver des réponses. On se dépatouille, ça ne se fait pas en un claquement de doigts, ça c’est bon pour les campagnes électorales !”
