
Ce mercredi 9 et jeudi 10 septembre, Paris accueille le premier Sommet international sur l’espace. Près de 120 pays sont conviés pour discuter des défis liés à l’utilisation de l’espace et à son économie. Un évènement grandiose pourtant boudé par les entreprises américaines, explications.
Moins de deux semaines après un nouveau lancement réussi pour Ariane 6, la France est encore sur le devant de la scène spatiale. Ce 9 et 10 septembre 2026, Paris accueille le premier Sommet international sur l’espace au Grand Palais.
Près de 120 délégations étrangères représentées par des chefs d’État et de gouvernement, des organisations internationales, des scientifiques, des militaires, des astronautes, des dirigeants du secteur privé et des personnalités de la société civile, ont répondu à l’invitation du président de la République Emmanuel Macron, rappelle le site du gouvernement.
À quoi s’attendre durant ces deux jours ?
D’après le communiqué du gouvernement, l’objectif de cet évènement est de “permettre un dialogue direct” entre les pays pour discuter “de l’usage croissant des orbites basses à l’exploration lunaire, en passant par la structuration de l’économie spatiale.”
Autrement dit, ces deux jours permettront d’échanger sur les enjeux futurs du secteur spatial, tant d’un point de vue technique et industriel, qu’économique.
Dans le détail, trois priorités sont au programme de ce sommet :
- Échanger sur les technologies du secteur et les explorations spatiales, notamment de Mars ;
- Discuter de l’économie spatiale mondiale ;
- Aborder la sécurité et la gouvernance dans un environnement désormais contesté.
Un rendez-vous boudé par les Américains
Trois axes de réflexion auxquels les Américains ne prendront pas parti. Comme le rapporte l’AFP, informé par le ministère de l’enseignement supérieur, quatre sociétés américaines, dont Blue Origin (fondé par Jeff Bezos, patron de Amazon) et SpaceX (propriété d’Elon Musk, patron de Telsa et X) ont annulé leur participation au sommet spatial international. Stoke Space et Starcloud sont les deux autres entreprises qui ont refusé de se rendre à Paris.
“Il est difficile de ne pas faire de lien avec les rumeurs de pression dont la presse se fait l’écho”, souligne le ministère. Ce boycott du sommet a d’abord été annoncé par Politico. Le média américain précise que c’est la Maison-Blanche qui a imposé cette décision aux quatre entreprises.
“Un responsable du bureau de la politique scientifique et technologique de la Maison Blanche a indiqué à plusieurs entreprises que leur participation au sommet pourrait être perçue comme un soutien tacite aux positions politiques de l’UE”, détaille Politico.
“Nous ne pouvons pas dépendre des autres”, Thomas Pesquet
“Le spatial subit les soubresauts de la vie géopolitique”, a estimé Thomas Pesquet, pourtant ambassadeur du sommet spatial. L’astronaute de 48 ans qui a réalisé deux missions dans la Station spatiale internationale (2016 et 2021) s’est exprimé sur le plateau de TF1.
“Nous devons réussir à être plus intégrés en tant qu’Européens”, a-t-il ajouté. “Durant très longtemps, nous nous en sommes remis à nos partenaires : nous avons décollé avec les Russes ou les Américains vers la station spatiale, c’est l’histoire de mes missions. C’est très bien, mais nous ne pouvons pas vraiment nous permettre de dépendre des autres.”
D’après Capital, des signatures de contrats sont toutefois attendues durant le sommet malgré l’absence des Américains, des Russes, de l’Iran, et la Corée du Nord, très actif dans la conquête spatiale.
