
Délégué départemental du nouveau centre, le Nîmois Julien Devèze porte la pétition de son leader Hervé Morin pour que soit désigné un candidat unique de la droite et du centre à la présidentielle.
Vous êtes délégué départemental et régional du Nouveau Centre, présidé par Hervé Morin. Un parti assez discret mais qui se fait entendre aujourd’hui…
Le Nouveau centre a été fondé en 2007, quand François Bayrou a créé le Modem. A l’époque, François Bayrou pensait incarner l’opposition à Nicolas Sarkozy. Nous, en tant que militants historiques de l’UDI, on ne se retrouvait pas là-dedans. Le Nouveau centre n’est pas une écurie. C’est un parti qui essaye de travailler à la cohérence idéologique du centre, ce qui n’est pas toujours évident. Qui sommes-nous ? Des gens avec des notions de modération en politique. Des libéraux pas seulement sur le plan économique. Nous défendons les libertés individuelles et aussi une idée de la démocratie, l’idée d’être en capacité de discuter les uns avec les autres. Il y a aussi un côté décentralisateur, avec la foi qu’on porte en nous la capacité à trouver des points d’accords entre citoyens.
“Le lien entre Gabriel Attal et Bruno Retailleau existe”
Que vous inspirent les nombreuses candidatures, au centre, à droite mais aussi à gauche qui pourraient favoriser un deuxième tour LFI RN ?
Ça dénote la diversité politique de la France. Les Français ne se laissent pas enfermer dans des cases. Cela fait 70 ans qu’on essaie de créer un bipartisme en France et ça ne fonctionne pas. Mais il faut aussi noter qu’il n’y a plus de parti structurant en France et que l’exemple d’Emmanuel Macron (qui a créé son propre parti politique pour être élu président NDLR) a donné des envies présidentielles tout le monde. Si on en reste là, on va se retrouver avec un second tour LFI contre RN. Notre responsabilité, pour les gens qui ne sont pas “mono problème”, qui ne veulent pas d’une société totamelent clivée, c’est qu’il y ait quelqu’un d’autre qui émerge au second tour. Aujourd’hui, il n’y a pas de dynamique avec un candidat naturel qui veut de la modération dans une économie de marché. Pour nous, la solution de la primaire est donc la plus naturelle.
Quelle primaire ?
Une primaire de la droite et du centre. Le lien entre Gabriel Attal et Bruno Retailleau existe autour de l’Europe, d’une vision de la démocratie. Le vrai problème de la société française, aujourd’hui, c’est son unité, sa capacité à refaire du lien.
A gauche, il y a une primaire programmée côté PS et place publique. Mais à droite, ce n’est pas gagné…
Les choses avancent ! Il y a 15 jours, tout le monde disait non, pas de primaire. Sauf que la réalité, c’est qu’ils ont tous conscience qu’il ne faut pas aller au casse-pipe.
L’expérience Emmanuel Macron : “Je pense que ça a été un énorme gâchis”
Souvent, les primaires des partis font émerger le plus radical des candidats. Cela ne vous inquiète pas ?
Les primaires ont tendance à générer des dynamiques militantes. Mais là, c’est la primaire de la modération. La radicalité dans la modération, ça existe ! Le philosophe Raymond Aron était un radical de la modération.
Que pensez-vous de l’expérience Macron, un président élu au centre, qui a gouverné avec la droite ?
Je pense que c’est un grand gâchis. Je n’ai jamais été macroniste mais il est passé à côté de ce qui aurait pu faire de son mandat – surtout le premier quinquennat – un succès. Je lui avais écrit en 2017. En lui disant que son élection devait être un point de départ et qu’il devait représidentialliser. la fonction. Mais il a voulu s’inscrire dans cette démarche de bipolarisation en se positionnant face au RN comme chef d’un pôle démocrate et progressiste.
La division de la droite à Nîmes… qui a abouti à l’élection d’un candidat de gauche est-elle un argument pour justifier d’une candidature d’union aux présidentielles…
Bien sûr ! La désunion crée la défaite. Ainsi que l’hyper personnalisation des egos.
Vous étiez dans la liste d’union Proust Plantier au 2e tour. Désormais, vous arrivez à travailler ensemble ?
Moi je travaille surtout avec Valérie (Rouverand) mais j’ai des contacts avec MM Procida, Burgoa… Il faut qu’on soit capable de discuter et de proposer autre chose que l’opposition caricaturale du RN. Il faut que nous arrivions à créer à Nîmes un pôle d’objectivité et de dire quand ça va et quand ça va pas, avec des bases chiffrées.
Dans les sondages des présidentielles, Marine Le Pen caracole en tête. Vous arrivez à vous projeter avec une présidence RN ?
Ça fait partie des hypothèses probables. Mais mon objectif, c’est d’éviter ce second tour Melenchon Le Pen. Il faut qu’un maximum de gens signent cette pétition lancée par Hervé Morin. On a déjà 300 parlementaires, conseillers régionaux, ou autres qui l’ont signée. Il faut que les citoyens s’en saisissent aussi.
