
Le Porge, où le Premier ministre Sébastien Lecornu s’est rendu ce lundi 17 août, restera comme la commune la plus durement touchée par les incendies qui ont ravagé la Gironde cet été. Le sinistre fixé, elle offre désormais un paysage de désolation. Récit.
La route. Il est difficile de ne pas penser au roman culte de Cormac McCarthy, ou aux images de ses adaptations pour un film ou une bande dessinée, en ralliant Le Porge, en Gironde.
Parti le mardi 11 août, soit dix jours après que le feu a été définitivement fixé, de Lacanau Océan pour rejoindre Andernos, en direction du bassin d’Arcachon, on traverse immanquablement un paysage dévasté et calciné dans des proportions qui rappellent le monde décrit par l’immense écrivain américain, quand il évoque un monde fictif ravagé, après une catastrophe inconnue qui a provoqué des incendies gigantesques et causé la disparition de toute faune et flore.
Forêt brûlée, maisons détruites.
Exactement ce que l’on retrouve sur plusieurs kilomètres qui semblent interminables, en s’approchant du Porge, ou en quittant la commune. Où que le regard se porte, ce n’est que forêt brûlée, maisons détruites dont ne restent que quelques façades noircies, toitures effondrées, voitures carbonisées abandonnées. À perte de vue.
Parfois, une habitation intacte, miraculée, isolée, offre une singularité étonnante, une incongruité dans ce tableau apocalyptique.
Cette tourbe qui brûle en profondeur
Et prégnante, toujours, l’odeur de brûlé, qui promet d’être d’autant plus durable et obsédante que des fumerolles restent perceptibles, surveillées par les pompiers. Particulièrement vigilants sur les terrains qui comptent une grande quantité de tourbe, redoutée pour se consumer longuement, parfois des mois durant, et en profondeur.
Seul le centre-bourg, autour de l’église et de la maire de ce village de 3 500 habitants, semble préservé. Une commune, où le Premier ministre Sébastien Lecornu effectue ce 17 août un déplacement compliqué, qui restera pour toujours le symbole des terribles incendies qui ont ravagé cet été 42 000 hectares en Gironde. Parce que la plus durement touchée, avec ses 7 000 hectares détruits (soit la moitié de la superficie de la municipalité), et la perte de 183 maisons. Sur un total de 250, dévorées par les flammes.
