
Le secrétaire national du Parti communiste a été reconduit ce dimanche à Lille, avec 70,1 % des voix, à l’issue du 40e congrès du parti. Un score qui le rapproche d’une nouvelle candidature à l’Élysée en 2027, au risque de raviver les tensions avec La France insoumise.
Sans surprise, Fabien Roussel a été réélu ce dimanche secrétaire national du Parti communiste français, pour la troisième fois consécutive, à l’issue du 40e congrès du parti à Lille. Il a recueilli 70,1 % des voix des militants. Ce succès conforte le maire de Saint-Amand-les-Eaux (Nord) dans son ambition de se présenter à la présidentielle de 2027, après une première tentative en 2022. “J’ai dit que j’étais prêt, si vous le décidiez, à mener ce combat avec vous une nouvelle fois “, avait-il déclaré vendredi devant les militants, à l’ouverture du congrès.
\ud83d\udd34 Le 40ᵉ Congrès du PCF a élu sa nouvelle direction nationale avec 70,1% des voix !@Fabien_Roussel, a été réélu secrétaire national du PCF.
\ud83d\udc4f Merci à tous les délégué·es et à tous les communistes pour ce très beau 40e Congrès ! pic.twitter.com/IR7eAgryMM
— PCF (@PCF) July 5, 2026
Reste une étape avant l’officialisation : si le parti confirme le principe d’une candidature communiste, le nom de Fabien Roussel devra être validé par un vote des militants, le 6 septembre prochain. Un scénario qui ne fait guère de doute : début juin, ils avaient déjà approuvé la ligne portée par la direction, qui revendique la légitimité du PCF à porter ” une candidature de rassemblement issue de leurs rangs “.
Une adhésion moins large qu’en 2023
Le soutien reste toutefois plus fragile qu’il y a trois ans. Sur près de 40 000 adhérents à jour de cotisation, seuls 24 600 ont voté, et le texte du secrétaire national n’a recueilli que 61,4 % des suffrages contre 81,9 % lors du congrès précédent. Une clause de ” revoyure “, qui aurait permis de remettre en cause la candidature à l’automne, a par ailleurs été rejetée samedi.
Nouvelle tension avec La France insoumise
Cette perspective ravive les tensions avec LFI. Le coordinateur du mouvement, Manuel Bompard, a jugé cette semaine que la position du secrétaire national avait plutôt reculé, tout en critiquant son entêtement. Jean-Luc Mélenchon lui-même a réagi samedi sur X, disant prendre acte d’une ” rupture “ avec le PCF, rappelant que les deux partis avaient été alliés en 2012, 2017, puis lors des législatives de 2022 et 2024.
Tristesse. Non-rejet à 60% par le congrès du PCF de calomnies visant LFI. Hier, le PCF était l’allié de LFI. En 2012 et 2017 à la présidentielle. Puis de nouveau aux élections législatives de 2022 et 2024. Incompréhensible. Nous prenons acte de cette rupture et surtout de son…
— Jean-Luc Mélenchon (@JLMelenchon) July 4, 2026
En cause : le score de Fabien Roussel à la présidentielle de 2022, environ 2,28 % des voix, jugé responsable par les Insoumis de l’échec de Jean-Luc Mélenchon à se qualifier pour le second tour face à Marine Le Pen, à seulement 420 000 voix près.
Roussel revendique son autonomie
Fabien Roussel, qui a perdu son siège de député lors de la dissolution de 2024, refuse de s’aligner sur LFI et revendique une identité communiste propre, entre programme social radical et imagerie plus traditionnelle. Il estime que l’absence du PCF à la présidentielle renforcerait au contraire l’abstention plutôt que de freiner l’extrême droite.
En interne, tous ne partagent pas cette stratégie : le président du groupe des députés communistes, Stéphane Peu, plaide plutôt pour un accord avec LFI, susceptible de garantir des circonscriptions au PCF lors des prochaines législatives.
