Le nouveau maire de Castelnau-le-Lez Julien Miro a communiqué sur ses premiers cent jours de mandat. Symboliquement, il a choisi d’organiser un point presse dans le nouveau quartier Euréka, pour dénoncer l’absence d’équipement public.
“100 jours sur tous les fronts”. Le maire Julien Miro, élu en mars dernier, a symboliquement choisi d’installer son point presse sur son premier bilan au cœur du quartier Eurêka. Derrière lui, des grues, devant un immeuble en construction et sur les côtés des résidences plus ou moins terminées. “J’ai voulu que chacun se rende compte de l’impact sur l’habitabilité. Dans ce quartier, il reste dix lots constructibles, mais déjà 1823 logements et aucun équipement public : pas de police, pas d’école, pas de parc. Pas même une place pour se retrouver. “

Comme il l’a déjà martelé (et affiché sur les panneaux municipaux) Julien Miro assure qu’il ne signera plus aucun permis pour de nouveaux immeubles de logements. Et qu’en cent jours, il a déjà exigé des chantiers un peu plus de “créativité. Nous avons eu le cas sous mon prédécesseur de l’avenue Aristide-Briand bloquée pendant un an à cause d’une grue. Quand le promoteur est venu me faire une nouvelle demande pour un autre chantier, je lui ai refusé l’autorisation d’occuper le domaine public. Ça lui a pris un mois de plus, peut-être un coût supplémentaire mais il s’est débrouillé. On peut agir sur le réel.” Et le maire d’assurer que 15 000 € d’amendes ont déjà été délivrées aux sociétés contrevenantes et que les deux “bureaux des signalements”, où les habitants peuvent venir sans rendez-vous, ne désemplissent pas.
200 enfants d’Eurêka scolarisés à Jacques-Chirac
Quant au projet de construire dans le quartier Eurêka une nouvelle école, la commune va devoir négocier un terrain avec la Serm-Altémed. Le rectorat accordera-t-il des postes pour ce futur site (alors que le CDEN vient d’annoncer une fermeture de classe à Jean-Moulin) ? Le nouveau maire n’est pas inquiet, car selon lui, “il s’agira d’une école de proximité. Il y a 200 enfants d’Euréka scolarisés au groupe scolaire Jacques-Chirac, on libérera des classes là-bas, qui trouveront, si besoin, une autre utilité.” Le déplacement de la population, et notamment des jeunes couples avec enfants, vers le sud de Castelnau est mis en avant. Avec la métropole, un travail à plus court terme sur la sécurisation des pistes cyclables entre Eurêka et le groupe scolaire Chirac, est également engagé. Le maire a réaffirmé sa décision d’investir rapidement 168 000 € pour des climatiseurs ou autres systèmes de rafraîchissement pour les bâtiments publics. “Jaques-Chirac a beau être un bâtiment neuf, il est vitré et il y fait chaud. Idem pour la crèche Madiba. Nous avons aussi des équipements sportifs pas utilisables par fortes chaleurs”.
“100 jours de vidéo”, “communication tous azimuts” : les opposants très critiques
L’opposition, que Julien Miro préfère appeler “les minorités” a la dent plutôt dure sur ces 100 jours. “Il est toujours en mode campagne et n’a pas pris la posture de maire !” cingle Richard Corvaisier d’Ici et ensemble. “On a vu cent vidéos tik tok surtout. Et pas le début d’un projet structurant. En conseil, ses réponses sont des slogans et il coupe le micro, ça n’augure rien de bon. Agiter la peur sur la sécurité, en présentant des chiffres sans dire que la population a augmenté de 20 % dans la même période, n’est pas une bonne chose non plus.” Najate Haïe (Réinventer Castelnau), dénonce elle aussi “la communication tous azimuts et une politique d’affichage sans forcément de projets engagés et de cohérence. Où est la politique sociale ? En direction des jeunes ?” Si la socialiste approuve l’investissement pour rafraîchir les bâtiments publics (tout en attendant d’autres décisions face à l’urgence climatique) elle “ne décolère pas” sur la visite du jeune maire à Robert Ménard. “Le maire de Béziers est le chantre de l’union des droites, l’homme qui a tenu des listings d’enfants musulmans, fait poser des affiches violentes, il y a des faits. Que sa première sortie extérieure en tant que maire de Castelnau soit celle-ci est une faute politique.” L’ancien maire Frédéric Lafforgue pointe, lui dans sa tribune du journal municipal : “100 jours de mandat, beaucoup d’images, peu de vision” et estime que “la politique ne peut pas se réduire à désigner des coupables commodes”, comme les promoteurs.
Julien Miro a déjà, côté sécurité, engagé une réflexion sur trois postes de police annexe (dont l’un à Eurêka), l’achat de quatre voitures de patrouilles équipées et lancé des recrutements de policiers. Une brigade à moto verra le jour d’ici la fin de l’année et dès août, les caméras permettront de verbaliser les comportements dangereux sur la route. Pour les finances, un audit a été lancé “sur la gestion municipale qui a été la même pendant 43 ans” dit-il avant de se reprendre “enfin cela concernera surtout le dernier mandat”. Qui, selon lui, “a manqué de transparence”.
