Congrès mondial contre la peine de mort : pour Emmanuel Macron, “les risques demeurent dans beaucoup de pays” et “rien n’est acquis”, même en France



Le président de la République Emmanuel Macron a mis en garde, mardi 30 juin contre le “retour” du débat sur la peine de mort en France, 45 ans après son abolition. L’initiative vise à défendre un combat “existentiel” alors que 68 % des Français réclament un référendum sur le sujet.

“La bataille pour l’abolition […] est éminemment contemporaine parce qu’aujourd’hui, dans nos sociétés, ce débat revient”, a déclaré Emmanuel Macron au 9e Congrès mondial contre la peine de mort à Paris ce mardi 30 juin.

“Rien n’est acquis” contre le “retour” du débat sur la peine de mort en France, a-t-il ajouté. “Parce qu’aujourd’hui, dans notre société, beaucoup se remettent à penser que la peine de mort serait une réponse dans une confusion et des principes et du langage”.

Du 30 juin au 2 juillet, la peine de mort est au cœur d’un congrès international organisé par l’ONG Ensemble contre la peine de mort (ECPM).

“Les risques demeurent dans beaucoup de pays”

“Beaucoup de gens font semblant de croire que (l’abolition) est une évidence” mais “les risques demeurent dans beaucoup de pays” et “rien n’est acquis”, a insisté le chef de l’État, en qualifiant ce combat d‘”existentiel pour nos sociétés démocratiques”.

Le débat ressurgit en France à chaque fait divers qui secoue la société, dernièrement encore avec les meurtres de la petite Lyhanna et du jeune Louis.

Plus des deux tiers (68 %) des Français se disent favorables à un référendum sur le rétablissement de la peine de mort pour les crimes qui touchent les enfants, selon un sondage de l’institut CSA pour CNEWS, Europe 1 et le JDD publié le 14 juin.

“La peine de mort n’a jamais rendu une société plus sûre. Jamais. Parce qu’elle ne dissuade pas. C’est faux. Cela a été montré, observé, mesuré”, a pointé Emmanuel Macron. “Elle n’a jamais eu la valeur dissuasive que certains pouvoirs, souvent autoritaires, qui la défendent, voudraient lui accorder”, a-t-il poursuivi.

114 États ont aboli la peine capitale

Si 114 États ont définitivement abandonné la peine capitale, plusieurs pays sont marqués par une “résurgence des exécutions, employées comme outils de répression politique, de contrôle social ou de réponse aux crises sécuritaires”, selon l’ambassadrice française pour les droits de l’homme, Isabelle Lonvis-Rome.

Selon l’ONG ECPM, la Chine, l’Iran, l’Arabie saoudite et l’Irak sont les quatre États ayant procédé au plus grand nombre d’exécutions en 2024.

Les autorités iraniennes ont exécuté au moins 1 639 personnes en 2025, un record depuis 1989, selon Iran Human Rights et ECPM.



Source link

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *