“On est en pleine prospective financière” : le point sur les trois premiers mois de Christophe Saint-Pierre à la mairie de Millau



Trois mois après l’élection du maire de Millau, point d’étape sur les quinze mesures annoncées pendant la campagne des municipales avec Christophe Saint-Pierre.

Pendant la campagne des élections municipales, Christophe Saint-Pierre avait dédié une conférence de presse aux 15 mesures qu’il jugeait prioritaires pour Millau. Dans cette liste, cinq rubriques : Sécurité, Circulation / Stationnement, Santé, Propreté, Citoyenneté. Cette liste, était celle des 15 premières mesures qui devaient être mises en place dans les trois premiers mois de mandat.

Concernant la sécurité, la nouvelle municipalité met le paquet. En plus des deux mesures annoncées, le maire a dévoilé l’avancée des mesures qui allaient permettre aux policiers municipaux de porter une arme de catégorie B1 (pistolet de 9 mm). Pour les autres mesures de renfort de la police municipale “on a aménagé le volume horaire pour redistribuer du temps passé sur le terrain et particulièrement en période estivale, c’est l’équivalent d’une brigade supplémentaire”, assure le maire. Il envisage le recrutement de deux agents pour la sécurité sur la voie publique (ASVP) et à la police municipale. Dans les missions de la police, un accent tout particulier est mis sur les agressions, le trafic de stupéfiants. “Un effort supplémentaire est aussi demandé sur l’usage du protoxyde d’azote qui prend de plus en plus d’ampleur. Il n’y a pas un jour sans que des citoyens ne trouvent pas de bonbonnes à proximité de leur domicile.”

Retour d’un agent devant les écrans de la vidéo

Le sujet de la vidéoprotection partageait également les trois candidats à la mairie de Millau. Pour Christophe Saint-Pierre, il fallait quelqu’un en permanence, au Centre de supervision urbaine (CSU). Chose faite et selon lui, cela a déjà porté ses fruits. “Depuis le 1er juin, cela nous a permis de faire un flagrant délit sur du trafic de stupéfiants, arrêter une altercation et l’agent a identifié le comportement suspect d’individus qui subtilisaient de l’argent aux /personnes vulnérables sur le marché.” Sur le volet des caméras, comme la démarche était engagée par la précédente municipalité, deux nouvelles ont été mises en place avec des caméras qui permettent de lire les plaques d’immatriculation. “Pour identifier des véhicules recherchés, impliqués dans une infraction… En aucun cas pour de la verbalisation liée au stationnement.” L’objectif de recruter un agent supplémentaire a été annoncé.

Pour lutter contre les dépôts sauvages, la ville compte aussi sur la technologie. Elle veut mettre des caméras proches de lieux de collecte pour identifier des encombrants laissés en dehors des containers. “Nous avons pris contact avec le prestataire pour les caméras qui doit nous présenter une intelligence artificielle capable de détecter le dépôt sauvage d’ordures ménagères.” La ville va tester et pourrait se doter de ce système si c’est concluant.

Bonald à double sens ? Ce n’est pas acté

Concernant la circulation en centre-ville, des mesures avaient déjà été annoncées lors d’un précédent rendez-vous avec la presse. Si sur la liste des mesures, il était clairement inscrit “passage du boulevard de Bonald à double sens”, le maire nuance aujourd’hui. “Une consultation sera lancée à l’automne”, annonce-t-il. Pour les désireux d’un changement de circulation en ville, il faudra donc attendre un peu plus que les trois mois annoncés, si tant est que la consultation aille dans le sens de la majorité.

Le tiers-lieu santé, croqué, mais pas dessiné

L’un des axes forts du programme de Millau en Action était aussi son tiers-lieu santé“Une mesure innovante”, loue encore le maire lors de ce point d’étape. Si pendant le mandat, il évoquait l’ancienne crèche pour son implantation, la réalité du terrain a montré que cela ne serait pas possible. “Les locaux ne sont pas adaptés.” Alors, si le “synopsis du projet est écrit”, reste encore à savoir où il serait implanté. L’espace Capelle a été envisagé mais rien n’est arrêté. Ce tiers-lieu serait organisé selon quatre axes : Écoute et accompagnement ; développement d’actions de prévention ; Démarches inclusives pour des personnes fragiles et Consultations médicales. Pour ce dernier point, il est envisagé que des “professionnels de santé, presque sur le principe du bénévolat, donnent de leur temps pour des consultations en dehors des horaires habituels des horaires d’ouverture d’un cabinet”. Si le projet n’est pas encore sur pieds, la réflexion est lancée, un rendez-vous est pris avec la directrice départementale de l’ARS le 10 juillet.

“En pleine prospective financière”

Vient désormais la question du budget. Pour le tiers-lieu, cela dépendra forcément du lieu où il sera hébergé. “En fonctionnement, cela devrait revenir à 30 000 € pour la collectivité et c’est aussi là le chantier qu’on va engager avec l’ARS”, détaille l’édile. Pour le reste, “on est en pleine prospective financière”, concède-t-il. “On sait que ce sera compliqué mais on se refuse de dire qu’on ne fera rien. Pour le plan de mandat qui sera présenté, on réfléchit sans s’interdire un dossier par rapport à un autre, par la suite, il y aura la règle de l’entonnoir qui nous emmènera au plan final.” Dans l’opposition, Emmanuelle Gazel l’assure : “On sera vigilant aux postes de dépenses budgétaires.”



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