Présidentielle 2027 : “Nous ne pouvons plus aider financièrement l’Ukraine”… Marine Le Pen assume un virage radical sur le soutien français à Kiev



Marine Le Pen a déclaré, jeudi 24 septembre à Paris, que la France ne peut plus soutenir financièrement l’Ukraine, en raison de la dégradation économique sous Emmanuel Macron. Elle propose de privilégier l’aide militaire et diplomatique. Cette position, partagée par le RN, est critiquée par la majorité présidentielle, qui y voit un risque pour la sécurité européenne.

Interrogée jeudi 24 septembre lors des Grands Oraux de Politico à Paris, Marine Le Pen a réaffirmé “nous ne pouvons plus aider financièrement l’Ukraine, mais nous le regrettons par ailleurs.”. La candidate du Rassemblement national motive cette position par la dégradation de la situation financière du pays, imputée aux dix années de présidence d’Emmanuel Macron. Une situation qui doit mener la France, selon elle, à “renoncer à un certain nombre d’actions financières que nous nous avons pu effectuer par le passé”.

Tout en maintenant la possibilité de former les soldats ukrainiens et de fournir du matériel militaire, le parti à la flamme préconise un virage diplomatique au détriment des allocations budgétaires directes. “Nous sommes en soutien de l’Ukraine, nous souhaitons que la France mette sa force diplomatique au soutien d’une recherche de solution de paix”, soutient commence la candidate du RN.

“Ça n’est pas un acte d’hostilité. Nous pouvons continuer à former leurs soldats, former leur hiérarchie militaire, nous pouvons leur accorder des aides matérielles, et notamment militaires, mais nous ne pouvons plus aider financièrement l’Ukraine, nous le regrettons par ailleurs mais nous n’avons plus les moyens” poursuit-elle.

Une position décriée

Cette ligne, partagée par d’autres cadres du RN comme Jordan Bardella et Louis Aliot, met l’accent sur la priorité aux dépenses nationales. “Quand on entend un ministre venir dire qu’il n’y a plus un euro pour l’indexation des retraites, on se dit […] [que] nous allons devoir renoncer à un certain nombre d’actions financières que nous avons pu effectuer par le passé”, a-t-elle argumenté.

Et pour cause : Marine Le Pen tend à relativiser la menace encore évoquée par Emmanuel Macron lors de sa dernière allocution, jeudi 24 septembre. “Nous ne sommes pas en guerre. J’ai le sentiment que ceux qui disent que nous y sommes déjà aimeraient que ce soit le cas”, a estimé la cheffe de file du RN. Il est légitime et normal que le président de la République s’en inquiète, mais ne parlons pas de ces choses-là avec légèreté”.

Une orientation fermement dénoncée par la majorité présidentielle. Le député Gabriel Attal accuse le RN de vouloir “sacrifier notre sécurité et offrir l’Ukraine et l’Europe à Poutine sur un plateau d’argent”. Pour l’ancien Premier ministre, “soutenir l’Ukraine, c’est un investissement” : “Si [le pays] tombe demain, les impacts seront concrets dans la vie quotidienne des Français. Je considère que l’on doit faire payer ce soutien à la Russie”, via la saisie des avoirs.



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