
Lors de son intervention ce jeudi soir, le président de la République va chercher à clarifier ses propos sur le Hamas et à apaiser les tensions liées à la hausse des prix des carburants.
En dix ans, Emmanuel Macron a beaucoup appris. Il sait désormais qu’il doit éviter les petites phrases qui blessent les Français. Mais il n’a pas encore renoncé à improviser une partie de ses discours. Alors qu’il prononçait sa dernière intervention devant l’Assemblée générale de l’ONU, la langue du Président a fourché.
“Le Hamas n’a jamais sévi en Cisjordanie”, a-t-il lancé alors qu’il voulait dire que le Hamas n’avait jamais “dirigé” cette zone. Stupéfaction dans l’assistance, colère en Israël où l’on liste les attaques perpétrées par le Hamas sur le territoire cisjordanien. Les équipes du chef de l’État se sont donc assurées mercredi qu’une question serait bien posée au Président, ce jeudi soir, pour lui permettre de s’expliquer.
L’intervention d’Emmanuel Macron au 20 h de TF1 et de France 2 ressemblera d’ailleurs à une vaste opération de déminage. Car bien d’autres sujets assombrissent le ciel présidentiel. Il y sera bien sûr question des crises internationales qui s’intensifient. Le Président souhaite porter à la connaissance des téléspectateurs les dernières évolutions sur le front ukrainien et au Moyen-Orient. “Il est de son devoir d’informer les Français“, nous explique son entourage.
Éviter que la colère nourrisse les extrêmes
Mais c’est sur les sujets nationaux qu’Emmanuel Macron est le plus attendu. Le désarroi des Français face à la montée du prix de l’essence inquiète l’Élysée – qui ne craint pas de mouvements sociaux car, à quelques mois des élections, les Français vont préférer s’exprimer dans les urnes – mais veut justement éviter que cette colère nourrisse les extrêmes.
Pour ce faire, Emmanuel Macron s’attachera à expliquer qu’à travers ses discussions avec le prince héritier d’Arabie saoudite Mohammed ben Salmane mais aussi avec le Premier ministre irakien, le roi de Jordanie ou encore l’Émir du Qatar, il tente de limiter la hausse des prix et espère sécuriser les approvisionnements. Son but : montrer que l’on peut desserrer l’étau des prix par la diplomatie plutôt que par la baisse des taxes.
Opération détricotage du bilan négatif
Emmanuel Macron veut aussi profiter du temps d’antenne qui lui est offert pour détricoter le bilan négatif qui commence à être fait de son mandat par tous les candidats à l’élection présidentielle. En effet, depuis le début de l’été, les crises s’enchaînent : la canicule, les incendies, Ceuta, le classement Pisa, la remontée du chômage et aujourd’hui la crise énergétique… Et toutes sont utilisées contre lui par ceux qui aspirent à lui succéder.
“Il n’est plus le Président providentiel mais le coupable providentiel”, sourit l’un de ses conseillers qui ajoute : “C’est dur ce qu’il s’est pris. On est en vent de face, c’est un peu la tempête au large du Finistère.”
Emmanuel Macron devrait rappeler au fil des questions que le chômage a nettement diminué en dix ans, que les émissions de gaz à effet de serre sont en régression, que le nombre de policiers, au contraire, a augmenté, tout comme le budget de l’armée. Il s’agit d’allumer des contre-feux avant que la campagne n’ait totalement terni son bilan.
Il s’agit aussi de nettoyer le terrain avant l’arrivée du pape ce vendredi qui doit être un moment important pour le chef de l’État qui accueillera le souverain pontife à l’aéroport et le recevra à l’Élysée. Pas de quoi ravir son ex-Premier ministre Édouard Philippe qui envisageait de justifier sa réforme des retraites le même soir sur France 2 et qui a dû annuler l’émission.
