
Élu maire de Grabels en mars dernier, Pascal Heymes estime que les finances communales vont demeurer dans le réseau d’alerte de l’État encore au moins pour trois exercices budgétaires. Son prédécesseur René Revol parle de “communication”.
Samedi dernier, à l’initiative du député LFI Sylvain Carrière, l’ancien maire de Grabels René Revol était fait maire honoraire, lui qui ne siège plus au conseil. Mais c’est bien sa gestion que le nouveau maire, Pascal Heymes, pointe du doigt en rendant public le fait que la commune est dans le réseau d’alerte des services de l’État. La Préfecture et la direction générale des finances publiques établissent en effet un certain nombre de critères afin d’évaluer la situation financière des collectivités. Si nécessaire, celles-ci sont placées dans un réseau d’alerte qui fait l’objet d’un suivi particulier. Les services de l’État ne communiquent jamais sur ces dispositions, ni surtout sur les collectivités concernées.
“Certaines dépenses ne seront évacuées qu’en 2029“
Mais pour le nouveau maire de Grabels, qui a augmenté les taux d’imposition de 10 % dès son élection, communiquer est un choix stratégique essentiel. “Tous les indicateurs sont dans le rouge. J’ai donc dû évoquer, lors d’une réunion en préfecture, les mesures que j’envisageais pour redresser cette trajectoire. La Préfecture a salué ces efforts, me demandant de les poursuivre, ce qui ne sera pas forcément possible…” Le maire évoque en effet ne pas avoir remplacé cinq départs d’agents municipaux, avoir diminué la rémunération des élus et augmenté les impôts, autant d’actions non renouvelables… “La dégradation est telle qu’on ne retrouvera pas une situation saine immédiatement. Je pense que nous sommes dans le réseau d’alerte pour encore trois exercices, 2026, 27 et 28. Certaines dépenses exceptionnelles de mon prédécesseur ne seront évacuées qu’en 2029.”
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“Il justifie sa politique d’austérité”
René Revol, battu en mars dernier, estime que “ce travail avec l’État sur les finances est tout à fait normal. En 2015, quand les inondations nous ont coûté 1 M€, il fallait bien nous aider. En 2018, la préfecture nous a aussi accompagnés pour obtenir des aides pour la nouvelle école de la Valsière, puis en 2023 pour la réfection de Joseph Delteil. Le maire actuel fait de la communication pour justifier sa politique d’austérité, ce n’est pas sérieux.” L’ancien maire LFI renvoie son ex-opposant à une divergence de fond. “Son objectif suprême est d’avoir un budget excédentaire quand, moi, je pense que si on lève des impôts c’est pour en faire quelque chose, pour investir. Ce sont deux philosophies politiques différentes”
Pascal Heymes fait référence à deux remboursements importants : le premier concerne une subvention de 670 000 € de l’Agence française du développement, versée à Grabels pour un projet de réseau d’eau potable de la ville d’Abalak, au Niger (ville jumelle de Grabels). Un coup d’État au Niger coupait toute relation, et si la commune a déjà remboursé une autre subvention de 120 000 € de l’Agence de l’eau, reste cette grosse somme. Deuxième boulet à la cheville, 380 000 € de facture à régler à une entreprise dans le chantier de l’école Soulages. Un contentieux qui a vu la ville perdre au tribunal administratif, qui a rallongé la somme de 205 000 € de pénalités. Là encore, un étalement sur trois ans est prévu. “La procédure normale aurait été de provisionner ces sommes, pas de les utiliser, ce que j’ai toujours dit quand j’étais dans l’opposition !”
Quant au contentieux qui opposait la commune avec le centre de formation des élus locaux, dont la commune voulait sortir et ne payait plus sa cotisation annuelle, Pascal Heymes a négocié. “Grabels doit 60 000 €, nous ne demandons plus d’en partir et nous payerons en 2027. Je règle une affaire vieille de plus de dix ans”
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