Présidentielle 2027 : Marine Le Pen souhaite réserver les HLM aux Français… “une lubie xénophobe” tacle une ancienne ministre



En rentrée politique à Hénin-Beaumont le 13 septembre, Marine Le Pen a promis d’abroger la loi SRU sur les quotas de HLM au profit de la “priorité nationale”. La présidente de l’Union sociale pour l’habitat, Emmanuelle Cosse, a dénoncé lundi une mesure “xénophobe”.

Elle a promis que le logement serait “un des grands chantiers” de son quinquennat. À l’occasion de sa rentrée politique à Hénin-Beaumont, dimanche 13 septembre, la candidate du parti à la flamme a répété sa volonté d’abroger la loi SRU au profit de la “priorité nationale” dans l’attribution des HLM.

Comme nous croyons à la liberté des maires et que la loi dite SRU n’a manifestement pas fait ses preuves, cette loi sera purement et simplement abrogée.

Il ne s’agit pas d’arrêter une politique sociale du logement, mais au contraire, grâce à la priorité nationale, de lui donner sa pleine mesure.

— Marine Le Pen (@MLP_officiel) September 13, 2026

Une proposition qui “nourrit une lubie xénophobe” et est “à côté de la plaque par rapport aux besoins actuels“, a jugé lundi en conférence de presse Emmanuelle Cosse, présidente de la confédération des bailleurs sociaux. Pour l’ancienne ministre écologiste du Logement, les propositions annoncées dimanche par la candidate du Rassemblement national “parlaient très peu de logement mais utilisent la crise actuelle et désignent un bouc émissaire, les immigrés“.

“Purement et simplement abrogée”

En place depuis le 13 décembre 2000, la loi SRU est décriée par la droite et l’extrême droite. Elle impose aux communes des quotas de 20 à 25 % de logements sociaux sous peine de pénalités financières avec un objectif : répartir équitablement la charge du logement social sur le territoire et forcer toutes les villes à mettre la main à la pâte.

Selon un rapport de l’Insee sorti au mois de juin, les mesures introduites par ce texte ont porté leurs fruits. “Le parc social apporte de la mixité sociale au sein des quartiers, surtout dans les quartiers aisés où il est présent, ce qui permet de réduire la ségrégation résidentielle selon le niveau de vie“, explique l’organisme dans son compte rendu, qui souligne une meilleure répartition géographique des logements sociaux.

Malgré ces données, Marine Le Pen estime que le texte “n’a pas manifestement fait ses preuves” ces 26 dernières années“Comme nous croyons à la liberté des maires […] cette loi SRU sera purement et simplement abrogée“, a ainsi déclaré la cheffe de file du RN.

“Prioritaires chez eux”

Soucieuse de ne pas donner l’impression qu’elle abandonne complètement les logements sociaux, la députée a sorti une de ses cartes maîtresses : la priorité nationale. “Avec nous les Français, quelles que soient leur couleur de peau ou leur religion, leur origine ou leur résidence […] seront prioritaires chez eux”, a-t-elle développé dans son fief.

Le programme prévoit en outre une levée de certaines normes de construction, à l’instar du dispositif Zéro artificialisation nette (ZAN) et les diagnostics de performance énergétique (DPE) créés par la loi Climat et Résilience de 2021.



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