
Le maire Rassemblement national d’Agde, Aurélien Lopez-Liguori, a annoncé mettre en place une votation citoyenne pour demander l’avis des Agathois. Sont-ils favorables à ce que le drapeau français soit levé et baissé dans les écoles de la Ville, avec les élèves chantant La Marseillaise ? Ils ont jusqu’au 1er octobre pour se prononcer. L’opposition dénonce, elle, un coup médiatique.
C’était l’une des actualités de cette rentrée politique. Le 28 août dernier, le maire UDR (Union des droites pour la République) de Nice, Éric Ciotti, a annoncé vouloir installer un mât dans chaque école élémentaire de la ville. Pour lever et baisser le drapeau français, sous les chants de La Marseillaise, entonnée par les écoliers, a-t-il indiqué. Avant que le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, n’y oppose son veto en affirmant que telle décision est avant tout une prérogative de son ministère.
Ce lundi 7 septembre, le maire Rassemblement national (RN) d’Agde, Aurélien Lopez-Liguori, a annoncé, lui, mettre en place une “votation citoyenne” afin de savoir si les Agathois étaient favorables à la même mesure, lors du temps périscolaire. “Oui le temps scolaire est un sujet national géré par l’Éducation nationale, il n’y a absolument pas de sujet là-dessus, précise le maire d’Agde, à Midi Libre. En revanche, le temps périscolaire relève de ma compétence. Et je pense que l’école est le lieu de la transmission des valeurs. On veut créer les citoyens et les Français de demain.”
Une votation citoyenne plutôt qu’un référendum local
Reste encore à décider à quel moment de la journée sera levé le drapeau tricolore, le lundi, avant d’être abaissé, chaque vendredi. Que ce soit le matin avant les premières heures de cours, lors de la pause déjeuner ou après les dernières heures de classe. “On fera du cas par cas avec les écoles de la ville”, détaille l’ex-député, qui affirme que ses équipes ont travaillé sur le sujet pendant tout l’été, avant même l’annonce d’Éric Ciotti, l’allié d’extrême droite du RN.
Mais pourquoi la Ville d’Agde n’a-t-elle pas organisé de référendum local puisque cela relève d’une compétence municipale ? “On aurait aimé le faire, sauf qu’on ne peut pas le faire en même temps que la campagne présidentielle”, répond Aurélien Lopez-Liguori. Selon le Code général des collectivités territoriales (CGCT), ce serait pourtant possible puisque la campagne présidentielle ne commence officiellement que le 18 octobre. Mais, après avoir voté une délibération votée par le conseil municipal, il faudrait attendre deux mois avant l’organisation du référendum. Ce qui est donc impossible.
“Une manœuvre de communication pour faire du buzz”, dénonce l’opposition
Ce qui explique cette votation citoyenne car “nous voulions quand même demander l’avis aux Agathois”, précise encore le maire d’Agde. Sur le site de la mairie, il est d’ores et déjà possible de remplir un “Questionnaire réservé aux Agathois”, où il est seulement demandé son nom, prénom, adresse, email et téléphone, afin de voter pour ou contre. Mais dans les faits, il ne suffit que de cocher sa réponse afin d’envoyer le formulaire à la mairie, comme a pu le vérifier Midi Libre.
Des modalités de vote que dénonce l’opposition municipale. “C’est dommage, parce que le drapeau français mérite mieux que ça, peste Sébastien Escalier, le porte-parole des sept conseillers municipaux d’opposition restants. Je suis un patriote convaincu, mais je ne crois pas que mettre les enfants au garde-à-vous dans la cour soit nécessaire. Le sondage est plus que bidon puisque j’ai moi-même voté huit fois. Pour quelqu’un qui est un ancien député de la Commission supérieure du numérique et des postes… Ça dit le sérieux de ce sondage. Ce n’est qu’une manœuvre de communication pour faire du buzz.” De son côté, la mairie l’assure : un recoupage avec les registres de la commune sera effectué. Les habitants d’Agde ont jusqu’au 1er octobre pour s’exprimer sur la question.
