
Carole Delga, présidente de la Région Occitanie, a réuni hier à Laudun-l’Ardoise des acteurs économiques du Gard rhodanien, deuxième pôle industriel de la région. L’occasion d’échanger avec eux sur les perspectives de développement du territoire, les besoins en compétences et les enjeux pour conforter durablement cet écosystème industriel et sécuriser son avenir.
Avec près de 160 entreprises, le Gard rhodanien peut s’enorgueillir d’être le deuxième pôle industriel de l’Occitanie, juste derrière le bassin toulousain. C’est d’ailleurs cette position que Carole Delga a d’emblée rappelée aux quelque 70 acteurs économiques réunis au Forum de Laudun-l’Ardoise vendredi 4 septembre. “Vous avez ce savoir-faire et cet historique nucléaire indispensable pour notre indépendance énergétique. Mais vous avez aussi une diversité et une dynamique entrepreneuriale”, a souligné la présidente de la Région.
“Nous sommes prêts pour accueillir de grands projets”
De passage sur le territoire, elle a tenu à rencontrer les chefs d’entreprise du territoire pour parler nucléaire et décarbonation donc, mais également diversification. Car “le nucléaire doit être une locomotive pour le tissu industriel du Gard rhodanien”, a souligné Jalil Benabdillah, vice-président de la Région en charge de l’économie, l’emploi, l’innovation et la réindustrialisation, également présent.
Une réalité dont se sont montrés conscients les différents acteurs économiques qui, pendant deux heures, se sont succédé au micro. L’occasion aussi de faire passer quelques messages. D’aucuns ont ainsi rappelé l’importance d’accueillir de “grands projets” – comme celui porté par la candidature de Tricastin pour l’accueil de deux EPR2. “Nous sommes prêts pour accueillir ces projets, nous sommes déjà organisés en termes de formation”, a ainsi souligné Julien Feja, du groupe D & S et vice-président du Collectif. “Sans cela, on n’a pas de visibilité pour nos emplois, directs comme indirects”, a lancé Raphaël Labassede de la Cimat, en référence à l’impact du nucléaire sur tout un écosystème économique.
De nouvelles formations
De nouveaux projets structurants pour le territoire et de décarbonation, il a également été question lors de cette rencontre. Ont en effet été présentés l’usine de production de carburants de synthèse par MGH Energy ainsi que le premier petit réacteur modulaire (SMR) que doit implanter la start-up Hexana sur le Gard rhodanien.
Autant de preuves “qui démontrent votre capacité de développement”, a lancé Carole Delga qui a insisté sur la nécessité de parvenir “à attirer des talents nouveaux” sur le bassin d’emploi et “à former les salariés à des évolutions technologiques” en mentionnant notamment l’intelligence artificielle et la robotisation. Des formations qui vont s’accroître dès janvier prochain, a fait savoir la directrice du CEA de Marcoule, avec Invictus, “une nouvelle école” pour former à “l’ensemble des métiers et pérenniser les compétences” dont la création a notamment été rendue possible grâce au financement de la Région.
L’accès à l’eau et la lutte contre les incendies
Après avoir rencontré les acteurs économiques de la filière énergie, la présidente de la Région Occitanie a échangé l’après-midi avec les maires du Gard rhodanien autour des enjeux de l’accès à l’eau et de lutte contre les incendies, à la suite des épisodes de canicule. “Les maires sont en première ligne face aux conséquences concrètes du changement climatique. Je tiens à ce que chacun, élu comme citoyen, sache que la Région est aux côtés des territoires et agit avec eux”, a indiqué Carole Delga. Et cette dernière de rappeler que la collectivité régionale a déjà “investi 500 millions d’euros” sur cette question. “Nous agissons pour l’eau, a-t-elle tenu à souligner, en rappelant aux citoyens qu’il faut faire attention à ne pas la gaspiller, ensuite en maillant les réseaux, puis en créant des petites retenues collinaires. Et on pèse auprès du gouvernement français pour qu’on puisse plus facilement réutiliser les eaux usées de notre pays, comme par exemple en Espagne”.
“Aidants pour créer du lien ou en termes de conseil”
Un accompagnement que la collectivité continuera de déployer, comme l’a assuré sa présidente, “d’un point de vue financier, mais aussi pour ce qui est de la formation, de l’innovation et de l’investissement. Nous serons aidants pour créer du lien avec d’autres entreprises et avec des donneurs d’ordres ou encore en termes de conseil”. Et d’assurer : “Je suis très attachée à ce que ce grand pôle industriel que nous avons ici puisse continuer à se développer”.
