Thomas Legrand écarté par Radio France : un an après, le journaliste affirme avoir été victime d’une “campagne extérieure, mensongère et manipulatrice”



Dans une tribune publiée au Monde mercredi 26 août, le journaliste Thomas Legrand explique ne pas avoir été réintégré à France Inter, un an après l’affaire Cohen-Legrand. Il s’inquiète notamment de la liberté de la presse, au-delà même de sa situation personnelle.

Le journaliste Thomas Legrand, accusé il y a un an de connivence avec le Parti socialiste, ce qui avait déclenché une vaste polémique sur l’impartialité de l’audiovisuel public, a assuré mercredi avoir été définitivement écarté du groupe Radio France.

“In fine, la réponse de la présidence de Radio France, un an après, aura été mon invisibilisation totale et durable de l’antenne”, écrit-il dans une tribune publiée par Le Monde, en se disant victime d’“une campagne extérieure, mensongère et manipulatrice”“Lorsqu’une campagne extérieure aboutit à l’effacement de celui qu’elle visait, quelles que soient les intentions de ceux qui ont pris la décision, elle adresse un message clair à ceux qui l’ont menée : cela fonctionne”, juge-t-il dans sa tribune, en y voyant un enjeu plus large de “liberté de la presse” a-t-il ajouté.

L’éditorialiste de Libération s’inquiète également de l’indépendance de la presse, en particulier de l’audiovisuel public, estimant que c’est “lorsque la pression devient forte que les institutions de presse et leurs dirigeants doivent distinguer la critique légitime de l’intimidation”.

“Je ne défends pas ici France Inter uniquement parce que j’y ai travaillé pendant dix-huit ans. Je défends une idée beaucoup plus simple : une rédaction ne prouve pas son indépendance lorsque personne ne l’attaque. Elle la prouve lorsqu’elle accepte le coût de cette indépendance”, peut-on également lire sur la tribune.

Une commission d’enquête avait été créée à l’issue de l’affaire Cohen-Legrand

“J’entends que Thomas Legrand soit déçu de ne pas être sur l’antenne de France Inter. Il exige, il réclame, mais ce n’est pas comme ça qu’on obtient quelque chose de moi”, a pour sa part déclaré au Monde la directrice de France Inter, Céline Pigalle.

En septembre 2025, M. Legrand et un autre journaliste de l’audiovisuel public, Patrick Cohen, avaient été filmés à leur insu dans un restaurant avec deux responsables du PS. Diffusée par le magazine L’Incorrect, la vidéo avait nourri les accusations de connivence de l’audiovisuel public avec la gauche, sujet abondamment relayé par les médias dans le giron du milliardaire conservateur Vincent Bolloré, CNews, Europe 1 et le JDD.

Dans la foulée, France Télévisions et Radio France avaient assigné ces médias en justice pour “dénigrement”, point culminant de vives tensions entre les deux camps. Une audience devant le tribunal des activités économiques de Paris est prévue mercredi. En outre, cette affaire avait entraîné l’ouverture d’une commission d’enquête de l’Assemblée nationale, où France Télévisions et Radio France ont été vivement critiquées par son rapporteur, Charles Alloncle, député UDR. Ce mouvement est allié au RN, parti qui prône la privatisation de l’audiovisuel public.



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