
Quelques semaines avant une rentrée politique qui s’annonce tendue, le Premier ministre Sébastien Lecornu a démenti jeudi 20 août 2026 toute suppression des APL étudiantes ou gel du RSA. Des mesures qui ont pourtant bien été évoquées par le gouvernement comme de potentielles pistes d’économies budgétaires.
APL, impôts, RSA, retraites… De nombreuses pistes d’économies budgétaires ont été évoquées ces dernières semaines dans la presse. Soucieux d’apaiser les tensions à quelques semaines de la rentrée politique, le gouvernement a souhaité faire le point et, surtout, démentir quelques annonces qu’il estime trop précoces.
“Suppression des APL pour les étudiants, gel du RSA ou du minimum vieillesse, remise en cause du crédit d’impôt pour les services à la personne, hausse de l’impôt sur le revenu… Tout cela est faux !”, a-t-il assuré sur X, jeudi 20 août 2026.
Suppression des APL pour les étudiants, gel du RSA ou du minimum vieillesse, remise en cause du crédit d’impôt pour les services à la personne, hausse de l’impôt sur le revenu…
Tout cela est faux !
Le budget pour 2027 est encore en préparation ; les véritables décisions seront…
— Sébastien Lecornu (@SebLecornu) August 20, 2026
Dans son entretien au Figaro, la ministre de la Santé Stéphanie Rist a, quant à elle, exprimé sa frilosité face à l’idée d’une TVA sociale, qui consisterait à compenser des baisses de cotisations pesant sur le travail par une augmentation de la TVA sur la consommation, afin d’en affecter une fraction à la Sécurité sociale. Ce n’est “pas à elle seule, une solution suffisante“, a-t-elle jugé.
Des mesures controversées
Un rapport commandé par le Premier ministre portant sur la réforme des politiques familiales avait fait grand bruit, mi-août. Ce dernier préconisait, entre autres, de réviser le mode de calcul des APL pour les étudiants, en tenant compte des revenus des parents.
L’Union étudiante, citée par l’Humanité, avait mis en garde contre les conséquences d’une telle mesure : “Cela va entraîner la suppression directe des APL de plus de 200 000 étudiants et la baisse de l’allocation pour 150 000 étudiants supplémentaires“.
Quant à l’épineux sujet d’un gel partiel des pensions de retraite, c’est le ministre de l’Économie en personne qui avait rouvert l’hypothèse. Dans un entretien avec Libération, Roland Lescure estime ainsi que “la question de la contribution des retraités aisés à l’effort de redressement, par exemple par une indexation plus modérée de leurs pensions, mérite d’être posée“, à condition de “préserver les retraités les plus modestes“.
“Inquiéter les Français” n’est pas “légitime”
Pour le Premier ministre, ces inquiétudes n’en sont pas moins infondées : “Le budget pour 2027 est encore en préparation. Les véritables décisions seront annoncées lorsqu’elles auront été prises, en transparence.”
“Critiquer les décisions du gouvernement est légitime. En inventer pour inquiéter les Français ne l’est pas“, dénonce-t-il par ailleurs.
Sébastien Lecornu, qui avait jugé fin juillet “préoccupant, grave même” le niveau de la dette et du déficit du pays, est pourtant bien à la recherche d’économies pour son projet de budget qu’il proposera à l’automne.
Alors que le gouvernement peine à redresser les comptes publics, avec déjà 107 milliards d’euros de déficit pour l’État français au premier semestre 2026, la séquence budgétaire de fin septembre s’annonce périlleuse. Sébastien Lecornu, qui n’a pas fixé d’objectif de déficit, s’était dit fin juillet “pas très optimiste” sur la possibilité de respecter un déficit à 5 % du PIB en 2026 après 5,1 % en 2025.
