
Le groupe Nouvelles Pages demande à la préfète de l’Hérault à travers un recours gracieux d’annuler les forages exploratoires dans le périmètre de la source d’Issanka autorisés par un arrêté, en vue des travaux de la future ligne de TGV Montpellier-Perpignan.
Le groupe d’opposition municipale de Sète a acté ce mercredi 3 juin le dépôt d’un recours administratif gracieux pour le retrait de l’arrêté préfectoral pris le 8 avril dernier autorisant neuf forages exploratoires, dont un à 80 m maximum, dans le périmètre de protection rapprochée de la source d’Issanka (commune de Poussan) qui alimente Sète en eau potable. Et ce en vue de la construction de la LGV entre Montpellier et Perpignan et dont la phase 1 devrait démarrer en 2029. “Nous prenons responsabilités, assume Laura Seguin, chef de file du groupe qui tire depuis plusieurs semaines l’alerte sur les risques pour la ressource en eau potable. C’est un constat qui s’impose puisqu’en conseil d’Agglo, les exécutifs locaux n’ont pas souhaité prendre cette initiative. C’est aussi une manière pour nous de gagner du temps et de mettre la pression sur l’État et SNCF réseaux pour obtenir des garanties”, explicite l’élue qui avance “des éléments nouveaux” défavorables à ces travaux, révélés lors de la réunion d’information organisée par l’Agglo le 26 mai en présence des élus, mais aussi de la sous-préfète Véronique de Saint-Martin, de représentants de SNCF réseaux mais aussi d’associations de défense de l’environnement et de la commission locale de l’eau.
“Un aveu de risque inacceptable”
“Le forage prévu à 80 m n’est pas nécessaire pour les futurs travaux et c’est le plus dangereux pour la ressource en eau. Mme la sous-préfète a pris l’engagement de demander des précisions à l’hydrogéologue agréé”. En cas de pollution, la convention d’indemnisation de l’Agglo par la SNCF réseaux pour l’achat de l’eau auprès de SBL est “un aveu du risque inacceptable” de tels forages estime Nouvelles Pages. Pire selon les élus, “il est dit qu’en cas d’accident et que la SNCF prouve qu’elle n’est pas en faute, l’indemnisation ne fonctionne pas. Ça ne tient pas la route. Ce n’est pas à la SNCF d’évaluer cela seul, nous demandons une expertise indépendante.” Véronique Calueba qui rappelle l’engagement de longue date contre le tracé actuel de la future ligne a pointé les risques pour l’étang de Thau, comme l’a fait Vincent Sabatier, élu sétois de la majorité, notamment en cas “d’arrêt de la source qui communique avec la Vène pour l’équilibre de la salinité de l’étang.” Le groupe lance également à la mobilisation organisée sur le site ce samedi.
L’administration aura deux mois pour répondre au recours. En cas de non-réponse dans ce délai, le recours gracieux est considéré comme rejeté. Nouvelles Pages pourrait alors étudier un recours devant le tribunal administratif.
