À Alès (Gard), Gérald Darmanin a affiché jeudi 13 août le soutien de l’État à Christophe Rivenq, sous protection après des menaces de mort liées à la “DZ Mafia”. Le garde des Sceaux a confirmé plusieurs renforts pour la justice alésienne.
Gérald Darmanin est arrivé vers 11 h 30 ce jeudi 13 août à l’hôtel de ville d’Alès (Gard). Le garde des Sceaux y a été reçu par Christophe Rivenq, maire d’Alès et président d’Alès Agglomération. Après près d’une heure d’entretien, le ministre de la Justice s’est prêté à un micro-tendu d’un quart d’heure avant de poursuivre son déplacement à pied dans les rues du centre-ville, jusqu’au boulevard Louis Blanc.
Cette venue intervient dans un contexte particulièrement tendu pour le maire alésien, placé sous protection après les menaces dont il a été la cible sur fond de narcotrafic. Mais Gérald Darmanin a rapidement voulu dépasser le seul contexte sécuritaire pour inscrire sa visite dans une réponse plus large de l’État aux difficultés du territoire.

Un soutien appuyé au maire d’Alès
“Je voulais d’abord lui apporter mon soutien personnel, comme ami, comme soutien politique”, a déclaré le garde des Sceaux, en évoquant la situation de Christophe Rivenq. “C’était une façon très importante pour moi, au cœur de l’été, de lui dire mon soutien après que le parquet national anti-criminalité organisée s’en est saisi.”
Il a aussi salué la mobilisation des policiers et des magistrats engagés dans les investigations. “On peut penser que dans les prochaines semaines, on puisse mettre fin aux menaces qui pèsent sur Monsieur le maire d’Alès”, a-t-il assuré en précisant que l’enquête progresse. “C’est très important de pouvoir interpeller ces personnes, de les confondre, de les condamner très fortement pour qu’aucun maire ne se sente un jour obligé de choisir entre la fermeté républicaine et sa vie personnelle, sa vie de famille.”
Face au ministre, Christophe Rivenq n’a pas caché son émotion. Interrogé sur son état d’esprit, le maire a répondu simplement : “Je me sens soutenu.” Il a remercié le garde des Sceaux pour sa venue et le soutien apporté par l’État dans cette période particulière. “Il l’avait promis, il l’a fait”.

Quelques minutes plus tard, l’élu a livré une phrase forte sur sa situation et sur celle des maires confrontés à la violence. “Je ne suis ni suicidaire, ni un héros, je suis juste un maire.” Christophe Rivenq a souhaité que son expérience puisse contribuer à une prise de conscience collective sur la protection des élus locaux. Cette protection est devenue l’un des symboles d’une séquence particulièrement lourde pour l’élu alésien, alors que la lutte contre le narcotrafic reste au cœur des préoccupations locales.

Le juge des enfants confirmé
La sécurité n’était toutefois pas le seul sujet de cette rencontre. Le garde des Sceaux a profité de son passage dans la capitale des Cévennes pour confirmer la création du poste de juge des enfants au tribunal judiciaire d’Alès. “Un tribunal pour enfant, c’est important dans la vie quotidienne d’une commune, d’une agglomération, des Cévennes en général. Surtout lorsqu’une partie de ses enfants commet des actes de délinquance qui sont parfois liés au narcotrafic.” Le ministre a également annoncé un parquetier supplémentaire.

Celui-ci doit être effectif en début d’année 2027, avec les greffiers et les locaux nécessaires à son installation. “J’ai créé 50 cabinets de juge pour enfants supplémentaires, depuis que je suis arrivé à la Chancellerie, il y a un an et demi. Avec le narcotrafic, c’est ma deuxième priorité”, a expliqué Gérald Darmanin, insistant sur la nécessité d’agir auprès des mineurs, qu’ils soient victimes ou auteurs de faits de délinquance. Un renfort de police, neuf agents, est également prévu en septembre.

Une deuxième étape au SPIP
Après l’Hôtel de Ville, et un court passage au tribunal judiciaire d’Alès, Gérald Darmanin avait rendez-vous au Service pénitentiaire d’insertion et de probation (SPIP), dont le déménagement aura prochainement lieu. Cette seconde étape de la visite était consacrée aux personnels de la structure. “J’ai été celui qui a débloqué la construction de la troisième prison de Nîmes”, a-t-il confirmé en évoquant l’engorgement des prisons d’Avignon et de Marseille lors du court point presse, sans commenter plus avant les raisons de sa visite,
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La visite du SPIP, prévue hors presse, est venue compléter une matinée alésienne placée sous le signe de la justice, de la sécurité et du soutien aux élus, dans une ville où la lutte contre le narcotrafic s’est imposée comme un enjeu majeur.
