“C’est une augmentation de la valeur des territoires qui est évidente” : 459 avis favorables pour la réouverture de la ligne ferroviaire Alès-Bessèges



La réunion de clôture de l’enquête publique de la première phase, comprise entre Alès et Saint-Ambroix, s’est déroulée dans la soirée du 4 août. Des réponses sont apportées aux avis défavorables…

Une soixantaine de personnes assiste, dans la soirée du mardi 4 août, dans l’étuve de la salle Le Tremplin de Saint-Ambroix, à la réunion de clôture de l’enquête publique en vue de la réouverture de la ligne ferroviaire Alès-Bessèges, dans le Gard, fermée depuis 2012 puis remise sur le tapis depuis les États-généraux du rail de 2016. Une enquête, portant sur la phase 1, soit la partie comprise entre Alès et Saint-Ambroix, qui a duré trois mois, rappelle d’emblée la commissaire enquêtrice Nicole Pulicani, qui doit désormais remettre son rapport et ses conclusions à la préfecture d’ici à trois semaines (l’enquête publique se poursuit jusqu’en fin de journée de ce mercredi 5 août, NDLR).

Les résultats de l’enquête sont tout de suite présentés : 6 013 visites du dossier numérique, 1 177 téléchargements de celui-ci, 557 observations du public, comprenant celles déposées sur les registres papier ou par mail, et, surtout, 98 avis défavorables contre 459 avis favorables. Le focus est justement mis sur les arguments des opposants, parmi lesquels 51 jugent son coût trop élevé, 23 préféreraient une voie verte, 25 se demandent si la fréquentation de la ligne a été évaluée, 21 miseraient plutôt sur le bus, etc.

Plus avantageux qu’une route départementale

L’investissement, concernant la phase 1, est certes évalué à 40 M€, mais il prévoit une réfection totale de la voie ferrée, ouvrages d’art compris. C’est, précise Carole Beaudroit, chargée d’opération au conseil régional, un “investissement durable”. D’une durée de vie de 50 ans, soit un investissement annuel de 800 000 €, sur cette même période. Le coût est ainsi “assez similaire” à celui, au kilomètre, d’une route départementale, mais dont “la durée de vie est de trente ans”.

Une voie verte plutôt qu’une ligne de chemin de fer ? Les réponses de la Région mettent à mal cette possibilité qui ne porte pas sur le transport collectif. Outre la quasi-impossibilité de revenir ensuite à un projet ferroviaire, une voie verte ne permettrait pas une amélioration du temps de parcours entre Saint-Ambroix et Alès, “qui est l’objectif de la réouverture”, souligne Carole Beaudroit. Aux 25 minutes en train, elle oppose environ une heure de trajet à vélo et près de 40 minutes en voiture aux heures de pointe. Dans la foulée, elle rappelle que deux lignes de bus existent déjà, “peu empruntées par les actifs, surtout par les scolaires”. Or, l’objectif du train consiste à “attirer de nouveaux usagers vers le transport collectif”.

Ce qui amène la chargée d’opération à évoquer l’évaluation de la fréquentation, comprise, selon une étude, entre 650 et 750 voyageurs par jour, en semaine scolaire (le projet avance sept allers-retours quotidiens, tous les jours de la semaine), avec, précise-t-elle, “une bonne part d’actifs qui pourraient se reporter sur le train plutôt qu’utiliser la voiture”. Et de mentionner un retour d’expérience sur la réouverture, en 2025, de la ligne Montréjeau-Luchon (Haute-Garonne), avec sa “fréquentation deux fois supérieure aux études initiales”. Après que le maire Jean-Pierre De Faria a assuré que grâce au train, “demain, à Saint-Ambroix, on aura un pôle important”, Jean-Luc Gibelin, vice-président de la Région en charge des transports, indique alors que “l’arrivée de la ligne, c’est une augmentation de la valeur des territoires qui est évidente. On l’a mesuré à Bagnols et Pont-Saint-Esprit, avec la ligne de la rive droite du Rhône, et à Montréjeau-Luchon.”

La Région opte pour des trains au biocarburant

Au chapitre des nuisances, Carole Beaudroit se montre rassurante. Elles seront “localisées et temporaires” durant le chantier. Et le but est de les limiter durant l’exploitation de la ligne, avec “un impact sonore limite inférieur au seuil réglementaire”, “avec des trains de nouvelles générations qui fonctionnent au biocarburant”, ce que la Région a décidé il y a quelques semaines. De plus, comme la ligne sera neuve, “l’impact sonore et les vibrations seront réduits au roulage”.

Une rencontre en vue “pour connaître l’état d’esprit” des services préfectoraux

Le vice-président du conseil régional d’Occitanie relève “la masse” de réponses à l’enquête publique, qui “veut dire qu’il y a une mobilisation citoyenne” et qu’il note “très majoritairement favorable”. Le temps est désormais à l’attente. Lorsque la nouvelle préfète du Gard, Fabienne Decottignies, aura reçu le rapport de la commissaire enquêtrice, l’autorisation de travaux devra tomber dans un délai de trois mois. D’ailleurs, Jean-Luc Gibelin prévoit de rencontrer la sous-préfète d’Alès, Lucie Roesch, dans la matinée du lundi 10 août, à ce sujet, “pour connaître l’état d’esprit et le niveau des demandes”. D’ici-là, le calendrier ne bouge pas : réouverture de la ligne entre Alès et Saint-Ambroix en 2028, puis entre Saint-Ambroix et Bessèges en 2030. Il martèle que la réouverture des quelque 31 km de voie ferrée “est bien l’engagement qui est pris”, et souhaite que “les travaux de la phase 2 débutent avant la fin des travaux de la phase 1. Tout dépend des procédures. Nous les remplirons.”

Même si le volet naturel n’a pas émergé durant l’enquête publique (seulement trois avis), Sandrine Paoletti, du cabinet Setec, aborde le sujet. À propos des plantes envahissantes d’abord, puis des animaux. “On a prévu des gîtes”, dit-elle. “De mobiliser un expert en chauves-souris et un ornithologue pour s’assurer qu’il n’y a pas d’espèces qui nichent durant les travaux.” Cela, avant un suivi de trente ans.



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