
Dès le 16 juin prochain, le dépistage du cadmium sera remboursé à 60 % pour les patients à risque. Ce test facturé à 27,50 € fait suite aux alertes de l’Anses sur la surexposition de près de la moitié des Français.
Le dépistage de l’exposition au cadmium sera remboursé pour les patients à risque à partir du 16 juin, en vertu d’une décision de l’Union nationale des caisses d’Assurance maladie publiée au Journal officiel.
“Il s’agit bien de la dernière étape administrative avant le remboursement”, a précisé ce mercredi 3 juin à l’AFP la Direction de la Sécurité sociale.
Le dosage urinaire du cadmium pourra être prescrit par un médecin aux “personnes potentiellement surexposées du fait de leur lieu de résidence”, quand “le sol a été préalablement reconnu par les autorités compétentes comme étant pollué par le cadmium” et à celles surveillées pour “une intoxication chronique au cadmium”, précise le texte, qui modifie la nomenclature des actes de biologie médicale.
Deux tests de dépistage remboursé à 60 %
Un dosage du cadmium dans le sang pourra également être réalisé en complément et sera lui aussi pris en charge. Le texte précise que les tests doivent être effectués en suivant les recommandations de la Haute autorité de santé (HAS).
Chacun des deux actes de biologie médicale sera tarifé 27,50 euros, remboursé à 60 % par l’Assurance maladie, le reste par la complémentaire santé. Le patient devra toutefois régler 2 euros de “participation forfaitaire” qui restent à sa charge sur chaque acte de biologie médicale, comme pour toute consultation chez le médecin.
50 % des Français exposés au cadmium
En 2025, près de la moitié de la population française présentait des expositions au cadmium dépassant les valeurs sanitaires de référence, selon l’Agence de sécurité sanitaire (Anses), qui juge cette “imprégnation préoccupante”.
Dans un rapport publié en mars, l’Anses confirme que, hors tabac, l’alimentation est en France la principale source d’exposition au cadmium, classé comme “cancérogène, mutagène et toxique pour la reproduction”. L’imprégnation des sols est largement due aux pratiques agricoles et notamment à l’utilisation d’engrais phosphatés.
La HAS préconisait en 2024 de dépister les résidents “potentiellement surexposés” des territoires aux sols géologiquement riches en cadmium comme la Champagne, la Charente ou encore le Jura.
